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Télécharger en PDF (229.4 ko)Pour citer cet article :May Du, Michaël Meyer, Photographier les paysages sociaux urbains. Itinéraires visuels dans la ville. ethnographiques.org, Numéro 17 - novembre 2008 [en ligne]. http://www.ethnographiques.org/2008/Du,Meyer.html (consulté le 7/01/2009). Dernier numéro paru :Signaler cette page |
Photographier les paysages sociaux urbains.
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Une première série d’images a résulté de cette posture de flâneur, de chercheur-photographe attentif mais pas absorbé. Pour la mettre en œuvre, nous sommes passés, sans forcément nous en rendre compte tout de suite, par des « scripts » de prise de vue [8], qui à notre itinéraire spatial ajoutaient un itinéraire photographique dans des objets spécifiques. Ainsi, par exemple, nous avons photographié systématiquement toutes les bouches d’égouts et hydrants qui croisaient notre chemin. Ce faisant nous avons été peu à peu amenés à penser plus largement les structures du sol comme des indicateurs de la vie sociale, rendus attentifs aux changements de revêtements ou aux marqueurs qui parsèment la surface d’une ville (numéros de place de parc, tracés des conduites souterraines, vestiges de graffitis, bouteilles abandonnées). Ce regard des détails vagabonds qui parsèment les sols d’une ville a fait émerger tout un univers sous notre semelle de chercheur-flâneur-photographe. Poursuivant des scripts qui désamorcent un mode touristique de photographier, un niveau de réalité à ras le sol s’est ainsi offert à notre regard. La matérialité de l’environnement de la ville se laisse appréhender par les usures des sols et du mobilier urbain. Ces usures nous signifient les usages et les pratiques qui déforment et conforment la ville à ceux qui la vivent quotidiennement. Le « braconnage » (De Certeau, 1990) des espaces urbains par les usagers devient un élément de focalisation du regard [9] ; et l’on se laisse étonner notamment par exemple par la capacité des individus à créer, sans se consulter, des chemins de traverses dans les parcours citadins officiels (ceux pensés par les architectes et urbanistes, ceux des trottoirs et des chemins pavés). L’usure laissée par les usages nous rend visuellement saillantes les manières de parcourir les paysages sociaux de la ville.
À ce point de notre itinéraire, nous remarquons que la démarche d’instrumentation photographique ne dit pas par où commencer le travail d’exploration des paysages sociaux d’une ville — quoi et comment photographier ? Elle fournit par contre une dilatation de l’attention du chercheur et lui octroie un horizon d’observation à la fois plus étoffé et malgré tout suffisamment ciblé pour éviter la dissolution dans l’étonnement général. Dans notre cas, le travail photographique a rendu notre regard attentif à la pertinence sociale des détails. De ce fait, en détournant E. Goffman (1973, p.179) lorsqu’il évoque la mise en scène de la vie quotidienne et les échanges réparateurs, nous pouvons affirmer que l’instrumentation visuelle fournit certainement moins un guide pour l’action, qu’un guide pour l’attention. Partant de là, si nous combinons l’itinéraire et l’image, nous disposons dès lors d’un cadre initial de travail permettant d’articuler les éléments visibles, les artefacts visuels et les visualisations scientifiques. Autrement dit, les itinéraires visuels nous invitent à considérer l’épaisseur de l’observable à travers laquelle voyage notre regard. De même que techniquement la photographie peut donner à voir simultanément une vitre, le reflet de celle-ci, sa transparence et encore les gouttes d’eau qui y sont attachées ; l’instrumentation visuelle dans l’observation sociologique ouvrirait au continuum des niveaux de la réalité, des détails les plus infimes jusqu’aux instances collectives les plus larges, ajoutant au cœur de tous ces niveaux la présence physique du chercheur.
Si la difficulté première de l’exercice se situe dans la nécessité de savoir par où commencer, où poser son regard, nous remarquons également que cela se prolonge dans une nécessité empirique : la présence physique du chercheur, à partir de laquelle un élément du visible pourra être constitué en objet du regard sociologique ou anthropologique (c’est le passage du matériau visible aux données visuelles). En nous inspirant de l’idée de H. Belting (2004) d’un homme comme « lieu des images », nous proposons de réfléchir à la situation du chercheur dans le double rapport qu’il entretient avec les images saisies et les images produites, dont il est dans tous les cas le support premier. Pour ainsi dire, le chercheur prête corps à la visibilité des paysages sociaux urbains ; cette visibilité ne pouvant être appréhendée sans tenir compte des modalités d’engagement du chercheur sur son terrain. En l’occurrence, durant notre itinéraire, nous sommes amenés à prendre place dans les différents espaces que nous traversons et occupons. Plus que cela, le travail photographique implique de s’arrêter, de sortir du flux ambiant ; en d’autres termes de se rendre disponibles et donc vulnérables le temps de la prise de vue. S’arrêtant sur le bord d’un trottoir, stoppant au milieu d’une rue ou restant immobiles devant une entrée d’immeuble, nous nous inscrivons physiquement dans ces lieux, en même temps que nous nous y positionnons de manière décalée par rapport aux usages habituels. L’appareil photographique participe largement de ce décalage, car il signifie ou problématise notre regard pour les éventuels témoins de nos prises de vue.
Continuant notre exploration photographique des usages (et des usures que ceux-ci font subir à l’espace urbain), nous sommes amenés à rechercher les traces de cette activité humaine. Ces traces, sous le regard du chercheur, vont devenir des indices des usages sociaux de l’espace urbain. Si nous suivons l’idée de paradigme indiciaire de C. Ginzburg (1980), nous pouvons trouver dans une simple empreinte de pied, laissée par de la peinture fraîche, tout un pan de nos allers et venues ordinaires. L’épaisseur de cette simple trace se dévoile par l’acte photographique du chercheur. Cet acte est lui-même perçu par un technicien de surface, exerçant son regard professionnel dans le même lieu, comme indice de quelque chose digne d’être photographié. Ayant aperçu le chercheur-photographe concentré sur la prise de vue d’une trace au sol, il est rendu attentif à l’objet de ce regard photographique. Il vient par lui-même constater la chose digne de l’intérêt d’un photographe, et s’en donner sa propre narration. Le chercheur en prenant place, en faisant l’expérience de la visibilité de son propre travail de regard, attire d’autres regards sur lui et sur le monde qu’il observe. Constatant ce fait, le chercheur prend conscience réflexivement du fait que son travail photographique a induit des regards sur des objets qui seraient peut-être sans cela passés inaperçus. Il fait donc œuvre d’invention en rompant avec les cadres habituels du regard, faisant émerger des saillances nouvelles ; de la même façon que le détective Dupin rompt avec le cadre policier du regard pour résoudre le mystère de « la lettre volée » dans la nouvelle d’Edgar Allan Poe. Cette prise de conscience peut se transformer elle-même en un nouveau regard qui cherche à « voir le voir » selon la formule de J. Berger (1976), à regarder le regard et l’objet du regard d’un autre. Dans ce cas, le regard imagé de la photographie se déplace de la trace elle-même vers le fait que le nettoyeur porte un regard sur cette usure du sol (usure que nous avions nous-mêmes rendue saillante quelques secondes auparavant en la photographiant).
Cette étape est notamment l’occasion pour le chercheur d’intégrer le réseau de regards et le bain de visibilité dans lesquels il s’inscrit, comme éléments de réflexivité et d’analyse dans la conduite de la recherche. En effet, la visibilité et la perturbation que la présence du chercheur peut provoquer font partie des aspects qui devraient être pris en compte, dans la mesure où ils sont porteurs d’enseignements sur les réajustements observables chez les enquêtés confrontés au regard du chercheur, d’autant plus si celui-ci est muni d’un appareil photographique (Papinot, 2007 ; Meyer, 2007). La pratique photographique ne fait que surajouter à nos capacités ordinaires de voir les regards et rendre visibles leurs enjeux en nous offrant un accès aux arrière-plans de signification des coups d’œil les plus anodins.
Si l’image apporte à la fois une acuité attentionnelle et une certaine lucidité quant à l’inscription du chercheur dans le jeu des réciprocités oculaires au sein du terrain, elle est également au centre de la matérialisation et de la mise en forme des rapports que le chercheur construit avec ses matériaux empiriques. Les images dans cette perspective peuvent être comprises comme des médiations qui assurent ces rapports. Que l’on s’attache aux relations entre le chercheur et son terrain (le passage des observations aux données), entre le chercheur et les enquêtés (matérialisation de leur relation et feedback) ou entre le chercheur et ses collègues (restitution des résultats par des visualisations scientifiques), le gain de réflexivité apporté par l’enquête visuelle porte sur ces médiations qui sous-tendent tout travail de terrain, et qui permettent de voir et de donner à voir des phénomènes sociaux en général, et des phénomènes urbains dans notre cas.
En suivant l’idée que les études visuelles ne se restreignent pas à l’étude des images (photographies, affiches, etc.), mais ouvrent à l’étude plus générale du voir et de l’observable (Emmison et Smith, 2002), nous pouvons considérer des bâtiments, ou encore des éléments du mobilier urbain, comme participant aux dimensions visuelles de la vie sociale. Nous découvrons dans le cadre de ces trois photographies un jeu de visibilité entre intérieur et extérieur d’immeubles résidentiels dans le quartier de Kreuzberg (Paquot et al., 2007 ; Du, 2007). Lieux collectifs de convivialité (rassemblant des aires de jeux, des bancs, mais aussi des objets à usage commun comme les containers), les cours intérieures sont ici à peine dévoilées par un regard qui cherche à s’y engouffrer, alors que le corps du chercheur-photographe reste sur la voie publique, en-dehors des complexes immobiliers photographiés. Au premier plan des photographies, ce sont des passages qui sont rendus visibles. En l’occurrence, un deuxième (et parfois un troisième) cadre matériel dessiné par les murs et les parois des passages apparaît imbriqué dans le cadre-limite des photographies. Si la fonction première de ces zones de transition est de permettre les déplacements entre intérieur et extérieur, c’est pourtant au moyen de la fixation et du cadrage photographique qu’elles nous sont devenues observables. Ce faisant, elles ouvrent à une méthodologie de la lecture des images qui mettraient à profit le « principe de l’isomorphisme » et la « puissance de désignation » qu’attribue A. Piette (2007) aux photographies. Ainsi ces dernières peuvent être un soutien à la mémoire et à l’étonnement du chercheur qui redécouvre par les images des détails qui lui avaient échappé lors de la prise de vue.
Durant la discussion collective qui a suivi ce travail de terrain, la notion de liminalité s’est avérée saillante à la lecture de ces images. Cette notion empruntée notamment aux études biologiques sur les zones intermédiaires entre deux biotopes nous renvoie aux espaces entre-deux, aux territoires interstitiels [10], lesquels permettent de penser les articulations sociales, les modes de coordination, de négociation ou d’opposition entre des paysages sociaux mitoyens. L’itinéraire photographique par lequel nous avons procédé, et les scripts de prise de vue que nous avons déployés, ont laissé entrevoir l’importance de ces espaces intermédiaires dans une approche dynamique de l’urbain et de ses usagers, tenant compte des déplacements, du mouvement et des transitions (Joseph, 1984). Si ces trois photographies ont la capacité de donner à voir cette réalité des passages, c’est que les images en général contiennent, comme l’observent T. Mitchell (1994) et H. Becker (2007), une puissance de visualisation des concepts, des résultats de recherche et plus généralement des théories sociologiques. Cela se confirme dans le fait que le travail du chercheur est très souvent un travail de production d’images (au sens large) des objets qu’il étudie. La production de ces images (photographies, tableaux, schémas, métaphores visuelles) fournit les ressources pour le partage des données et des résultats avec les enquêtés (feedback, photostimulation, etc.) et les chercheurs. Loin de reproduire notre utilisation routinière de données ayant une face visuelle (par exemple dans le cas d’images illustratives), cette dernière étape de notre itinéraire nous invite à penser la recherche comme un incessant travail de production, de traitement et de diffusion de matériaux visuels.
Les différentes relations entre visible, visuel et visualisé produites par les chercheurs sont autant de manières de faire avec les images en sciences sociales. Le bref exercice d’ethnographie visuelle de la ville évoqué ici est en lui-même l’occasion d’un itinéraire dans les multiples applications possibles des images dans la recherche. Cet itinéraire n’a pas pour mission de présenter un inventaire complet, mais est plutôt une invitation à retourner sur nos pas pour considérer les multiples chemins qui s’ouvrent à nous dès lors que l’on ambitionne d’enquêter visuellement. Tout comme de nombreuses voies sont disponibles pour découvrir une ville, chacune offrant une vision particulière de celle-ci, de la même manière de nombreux usages de l’image sont possibles en sciences sociales. Nous pourrions ainsi prolonger ce parcours en empruntant les voies de la photo-stimulation (Harper, 2002), de la perturbation photographique (Papinot, 2007), des méthodes de lecture des images (par exemple la méthode grapho-photographique d’A. Piette, 1996). Nous retiendrons peut-être en synthèse que chaque voie se positionne sur un continuum qui va d’un « objet-image », considérant le produit du travail photographique, à un « travail-image », portant l’attention plutôt sur le procès de réalisation des images (Meyer, 2008). Notre itinéraire dans Berlin nous a conduit d’un pôle à l’autre de ce continuum : de la réalisation de clichés, à la lecture de ceux-ci, pour finalement aboutir à leur présentation dans les pages de cet article. Ce faisant nous pouvons réaffirmer la nécessité d’un va-et-vient entre étude des images et étude des regards en interaction qui participent de la constitution visuelle du monde — d’une « culture visuelle » au sens de Jenks (1995).
L’enquête visuelle ne devrait plus dès lors être ramenée à la simple utilisation instrumentale par le chercheur d’une caméra, d’un appareil photographique ou d’un corpus d’images, considérés comme des prothèses techniques de son regard défaillant ou lacunaire. Ce type d’enquête engage plus largement à s’intéresser aux liens étroits qui existent entre les données visibles et les analyses visuelles, notamment pour découvrir que le chercheur lui-même dans son travail est plongé dans un bain de visibilité qu’il contribue à maintenir et reproduire. Selon la formule de J. Wagner (2006, p.55), nous sommes amenés à observer la « substance visuelle » de notre propre travail.
Ces considérations nous semblent de premier ordre pour réfléchir le jeu du voir et de l’observable qui traverse la ville et ses paysages sociaux. En suivant Georg Simmel et Isaac Joseph, nous pouvons réaffirmer la ville comme laboratoire [11] pour l’étude du regard, en tant que ce dernier est la première forme d’usage de l’environnement urbain. La « valeur sociologique de l’œil » (Simmel, 1981, p.228) se laisse appréhender dans les interactions quotidiennes et les processus de reconnaissance et d’ajustement entre individus co-présents, mais aussi entre individus et environnement matériel. Dans le prolongement moderne de cette thèse et selon Isaac Joseph (1984, p.18) :
« [...] l’homme est un être de locomotion que les rencontres et les expériences de co-présence transforment en un œil énorme. La ville instaure le privilège sociologique de la vue (ce qui se fait) sur l’ouïe (ce qui se raconte), mais en conjuguant diversité et accessibilité elle affecte le visible d’un coefficient d’indétermination et d’alarme ».
L’usager, comme le technicien de surface et tout autre « praticien-réparateur » (Goffman, 1998, p.380), sont des observateurs des usages et des usures de la ville. Ils se basent sur leurs observations des personnes présentes et de l’environnement matériel pour s’inscrire dans le flux d’activités et de regards qui parcourent et configurent les espaces publics urbains. Les usagers de la ville peuvent tabler sur la visibilité de cet espace commun qui accueille pour un temps leurs actions. Cette même visibilité devient dès lors l’objet privilégié du regard du chercheur engagé dans une démarche d’instrumentation photographique.
Conçus comme guide d’action, l’idée d’itinéraires visuels nous permet de rattacher cette conception de la ville aux aléas de l’expérience située — géographiquement et intellectuellement — de l’enquêteur. Nous aidant à esquisser une trajectoire à travers l’abondance des signaux urbains (Simmel, 2004b), le recours aux itinéraires représente une manière parmi d’autres de se saisir de l’environnement urbain. Les mouvements et déplacements qui y prennent place sont à la fois des produits et des éléments initiateurs de l’urbain en tant que composition d’espaces-temps usagés, sans cesse reconfigurés.
Or ces itinéraires se feraient en pure perte s’ils ne pouvaient compter sur un guide pour l’attention. Celui-ci est fourni par l’œil photographique qui fouille inlassablement les signaux urbains. Cet œil, pour qu’il ne s’hypertrophie pas et qu’il demeure à l’échelle humaine, doit systématiquement être ramené aux circonstances où il prend place. L’ironie photographique, qui n’a de cesse de renvoyer au chercheur, en quête de la réalité du terrain, sa propre image, sa propre présence et perturbation au cœur de l’appréhension de cette réalité, rend possible une condensation et un déplacement du regard vers des enjeux de réflexivité du travail scientifique. L’image intensifie la portée réflexive d’une recherche (Piette, 2007). Cette réflexivité devra notamment se matérialiser dans une prise en compte du rôle médiateur des images autour du chercheur. Le procès d’instrumentation des images nous oblige notamment à prendre conscience du potentiel d’explication et de compréhension qui accompagne les données que nous traitons. La réflexion sur les images peut nous conduire, au-delà de nos techniques de manipulation et d’interprétation des données visuelles, à une prise de conscience des enjeux de construction et d’argumentation qui entourent celles-ci (Grady, 2004).
L’utilisation des images à titre purement illustratif ou instrumental d’enregistrement pose dès lors problème, car elle dévalue le point précis qui peut faire des photographies des données à part entière : leur capacité à mettre en évidence l’omniprésence des enjeux de visibilité dans nos actions et itinéraires quotidiens. C’est seulement en mettant au premier plan ces enjeux de la visibilité que nous pourrons peut-être prendre la mesure et saisir toute la pertinence des notions d’ « œil sociologique » ou de « regard sociologique », trop souvent reléguées au rang des poncifs de la discipline.
Notes |
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[1] Voir notamment les travaux francophones réunis à l’occasion du symposium « L’image dans la fabrique des sciences sociales. L’échange de vues comme sources de connaissance ? », 3 au 5 mai 2007, Université de Bretagne Occidentale, Brest.
[2] La notion d’itinéraire est largement reprise dans les méthodes proposées ces dernières années pour l’étude de la ville et de l’urbain. On trouvera un aperçu de cette production dans Grosjean et Thibaud (2001).
[3] Du 17 au 20 septembre 2007, conférences « Conference on Qualitative Visual Data Analysis » et ateliers « Workshop on Visual methods », Technische Universität, European Sciences Foundation, Europäische Akademie, Berlin. Site web officiel contenant les abstracts des interventions : http://www.visualmethods.eu (Consulté pour la dernière fois le 04.04.2008).
[4] Emmison et Smith (2002) parlent de « lived visual data » à propos de la dimension visuelle de l’ordre bâti des villes et des espaces publics. On trouvera des applications dont nous nous sommes inspirés chez Patch (2004), Knowles et Sweetman, (2004) et Krase (2007).
[5] Pour des ouvrages généraux voir par exemple Paquot et al. (2000) ou Da Cunha et al. (2007).
[6] Nous nous référons ici à la « perspective spatiotemporelle » proposée par B. Montulet (2007).
[7] Dès la fin des années 70, Kreuzberg est fortement associé aux formes de vie alternative, qui s’expriment notamment à travers les squats. Lieu de protestation contre la séparation imposée et symbolisée par le mur, Kreuzberg restera un lieu de vie hybride accueillant aussi bien des étudiants que des artistes, mais aussi beaucoup de travailleurs migrants (principalement d’origine turque).
[8] On retrouve cette idée de scripts de prise de vue (shooting scripts) systématisée chez Roy Stryker et les photographes de la Farm Security Administration aux Etats-Unis. Pour une réflexion sur l’application du procédé en sociologie, voir Suchar (1997).
[9] Etant donné que pour Michel de Certeau la ville est un texte, et que l’acte de marcher est à l’urbain ce que l’énonciation est à la langue (1990, p.148), nous avons appliqué sa notion de « braconnage » aux pratiques de la ville. Ceci rappelle aussi fortement l’idée d’une « pragmatique des paysages de la marche » (Joseph, 1998, p. 18). Voir également Joseph (1999).
[10] Pour P. Nicolas-Le Strat (2008), les interstices « constituent en quelque sorte la réserve de « disponibilité » de la ville » (p.116).
[11] Pour cette idée de laboratoire urbain, voir notamment Park (1915).
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