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	<title>ethnographiques.org</title>
	<link>http://www.ethnographiques.org/</link>
	<description>Revue en ligne de sciences humaines et sociales</description>
	<language>fr</language>

	

	


	
		
		<item>
		<title>SEIGNEUR Viviane, 2007, Socio-anthropologie de la haute montagne</title>
		<link>http://www.ethnographiques.org/2008/Campergue.html</link>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;span class='spip_documents spip_documents_left' style='float: left; width: 133px;'&gt;&lt;img src='http://www.ethnographiques.org/IMG/jpg/clip_image_copy.jpg' width='133' height='211' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPEG)&quot; /&gt;&lt;/span&gt;
L'ouvrage de Viviane Seigneur se présente en trois parties (Représentations, Histoire, Pratique) et se donne pour objectif de définir nos rapports à l'environnement en prenant l'exemple de la haute montagne, « haut lieu » par excellence (294). Mythique, créatrice de fiction sociale, maudite, dangereuse ou pure : qu'elle soit dénigrée ou désirée, la haute montagne est un lieu construit à la fois socialement et humainement. Telles sont les différentes dimensions que l'auteure, à la fois alpiniste, sociologue et anthropologue, s'attache à décrypter au travers d'une analyse socio-historique des diverses représentations de la haute montagne.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En prenant l'exemple de la France, et plus précisément celui de l'environnement chamoniard du massif du Mont Blanc, Seigneur souligne que la haute montagne a été culturellement et socialement investie par des personnes privées (alpinistes amateurs ou professionnels, adeptes de sports de glisse, etc.) mais aussi institutionnalisée à travers différents processus de sécurisation, d'exploitation touristique et de légitimation. Autrefois instrumentalisé par l'État français &#8212; durant la période classique du « héros apologétique » (170) où la valorisation de l'ascension et du sommet faisait écho aux valeurs nationales &#8212;, les alpinistes ont aujourd'hui perdu de leur légitimité et sont perçus comme des « anomiques » (174). La société, écrit Viviane Seigneur, ne comprend plus leur prise de risque à l'heure où la thématique sécuritaire atteint son paroxysme. Dans ce contexte, la haute montagne devient le centre d'enjeux stratégiques qui dépassent de loin les motivations de l'amateur passionné ou du professionnel en quête de performances sportives ou de nouvelles découvertes. À ce titre, la montagne apparaît donc aussi comme une construction économique et politique aux enjeux multiples, soumise aux visions antagonistes de ses acteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le lecteur qui espère un traitement anthropologique des représentations de la haute montagne, à travers l'analyse précise de ses usages culturels, politiques ou religieux, sera déçu. L'histoire de la haute montagne étant liée « aux premiers pas de l'alpinisme » (81), l'ouvrage de Viviane Seigneur est d'abord une réflexion sur l'alpinisme et les sports qui lui sont proches. Les nombreux exemples sont issus du milieu chamoniard : l'École Nationale de Ski et d'Alpinisme (ENSA), le Groupe de Haute Montagne (GHM), la Compagnie des guides de Chamonix et ses différentes évolutions et représentations tant au niveau local, global et sociétal (avec les différentes interventions de l'État). L'auteure évoque également les enjeux de pouvoir qui gouvernent la haute montagne de même que les processus d'instrumentalisation qui affectent l'écologie, la sûreté, les secours, et la &#8220;réalité&#8221; du risque (dont la gestion est critiquée par Seigneur, tout comme le traitement des « conduites à risque » chez plusieurs auteurs). Une longue partie de l'ouvrage est ainsi consacrée aux enjeux de la sécurité en haute montagne et évoque les discours sécuritaires, la concurrence entre les grimpeurs, la typologie des accidents, la légitimité des secours, leur responsabilité et leur coût, de même que la « justice distributive » (193).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la partie consacrée aux pratiques, l'auteure se livre à une analyse du quotidien inspirée par Giddens (247) et fondée sur sa propre expérience de terrain en tant qu'alpiniste (notamment dans les Andes argentines, à l'Aconcagua). Les exemples avancés concernant à la fois le vécu de l'alpiniste (ou du « grimpeur », de l'anglais &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;climber&lt;/i&gt;), son rapport à la montagne, son style, qui peut être « alpin » (avec une économie significative de moyens et une grande autonomie) ou « himalayen » (nécessitant un matériel lourd et une organisation importante avec portage), et les règles et recommandations auxquelles l'alpiniste est soumis. Dans cette partie, la pratique de l'alpinisme se donne à lire à travers des informations et analyses concernant les aspects techniques du grimpeur, comme par exemple les modes de déplacements en haute montagne, l'aptitude sociale et l'expertise du grimpeur, mais aussi les « traits culturels des grimpeurs » (265). Viviane Seigneur suggère que les « cultures des grimpeurs », liées aux nationalités, sont des points incontournables dans l'analyse de la haute montagne. À cet égard, on aurait souhaité que ces différents éléments culturalistes, objet de nombreux débats anthropologiques, soient étayés de manière plus convaincante.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ouvrage s'adresse donc notamment à des passionnés d'alpinisme qui trouveront ici des renseignements instructifs sur leur rapport à la haute montagne et les appropriations culturelles, mythologiques, politiques, économiques et sociales qu'engendre cette dernière. On regrettera que l'approche socio-historique adoptée par l'auteure n'ait pas laissé une place plus grande à un matériau de type ethnographique : les témoignages des différents acteurs contemporains de la haute montagne (guides de haute montagne, surfeurs de hors piste, secouristes, skieurs occasionnels, etc.), auxquels l'auteure a eu accès dans sa pratique de l'alpinisme, auraient permis d'éclairer avantageusement les thématiques choisies. L'analyse proposée par Viviane Seigneur de la gestion du « risque », notion ambiguë dans nos sociétés contemporaines, reste toutefois originale et intéressante. L'alpinisme qui, selon elle, se fonde sur une « acceptation plénière » du risque (292), est potentiellement porteur d'enseignements pour nos sociétés qui ne tolèrent plus le risque et qui remettent en cause la confiance dont les grimpeurs doivent faire preuve dans l'exercice de leur passion. L'auteure questionne à cet égard le « bluff technologique » (292) et la fiction d'un « risque zéro » (291) tout en réprouvant ces démarches fictives aux effets dommageables.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En mettant en perspective les rapports de l'homme avec l'environnement de la haute montagne, environnement au combien singulier, Viviane Seigneur pose des questions essentielles concernant la pratique de l'alpinisme (et ses dérivés) et ses conséquences dans un monde contemporain qui assigne à la montagne un statut ambivalent, à la fois séductrice (les sports d'hiver, le tourisme, les sports de glisse, etc.) et repoussante (la médiatisation des accidents, des disparus, etc.). En fin de compte, la force de l'ouvrage réside dans la présentation des enjeux contemporains de la haute montagne, notamment en milieu chamoniard, et dans l'analyse des évolutions, des changements et des modifications du rapport (individuel et collectif) des hommes à ce « haut lieu » qui, loin de constituer uniquement une entité géographique et géologique, apparaît également comme un espace d'actions politiques, sociales et économiques.&lt;/p&gt;</description>
		  <author>Cécile Campergue</author>
		<dc:date>2008-06-23 05:35:55</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
			        <dc:creator>Cécile Campergue</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Maison des Sciences de l'Homme et de l'Environnement C. N. Ledoux (M.S.H.E.)</title>
		<link>http://www.ethnographiques.org/Maison-des-Sciences-de-l-Homme-et.html</link>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.ethnographiques.org/IMG/arton454.png&quot; alt=&quot;&quot; align='left' width=&quot;379&quot; height=&quot;70&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La Maison des Sciences de l'Homme et de l'Environnement Claude Nicolas Ledoux&lt;/strong&gt; de Franche-Comté rassemble l'ensemble des laboratoires et équipes de recherche en Sciences de l'Homme et de la Société, &#339;uvrant dans les deux universités régionales : l'université de Franche-Comté et l'université de technologie de Belfort-Montbéliard. Depuis le 1er janvier 2008, la MSHE est devenue une unité de service et de recherche, USR 3124, (CNRS et Université de Franche-Comté - Université de technologie de Belfort-Montbéliard).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Maison des Sciences de l'Homme et de l'Environnement Claude Nicolas Ledoux se propose de renforcer le rayonnement des compétences et des savoir-faire des unités de recherche de Franche-Comté. Son site a une mission simple : faire connaître le potentiel de recherche des équipes SHS de Franche-Comté qui intéresse tous leurs partenaires qu'ils soient franc-comtois, français, étrangers.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces unités de recherche ont élaboré un programme de recherche leur permettant de fédérer leur énergie et leurs projets pour explorer plusieurs thématiques, proposées dans quatre pôles d'activité. Le récent pôle Homme et environnement a pour vocation de stimuler la coopération entre les spécialistes des Sciences humaines et sociales et ceux des Sciences de la nature, tant pour l'histoire des paysages que pour la gestion harmonieuse des ressources de la nature au service des hommes et dans le respect des équilibres naturels.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une des réalisations marquantes de cette fédération d'unités de recherche est la mise en place d'une plate-forme technologique conçue pour offrir le réseau informatique nécessaire à la coopération des chercheurs et au développement concret des actions de recherche. En outre, l'équipement en cours d'acquisition doit favoriser la mutualisation d'outils utiles à toutes les disciplines accueillies dans la MSHE.&lt;/p&gt;</description>
		  <author></author>
		<dc:date>2008-06-17 15:32:18</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
			        <dc:creator></dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Comité scientifique</title>
		<link>http://www.ethnographiques.org/Comite-scientifique.html</link>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Membres du comité scientifique de la revue &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ethnographiques.org&lt;/i&gt; :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ethnographiques.org/Centlivres-Pierre.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Pierre Centlivres&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Professeur honoraire, Institut d'ethnologie, Université de Neuchâtel&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Roger Chartier
&lt;br /&gt;Directeur d'études, Collège de France, Paris&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ethnographiques.org/Olivier-Fillieule.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Olivier Fillieule&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Professeur, Université de Lausanne&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jack Goody
&lt;br /&gt;Professeur honoraire, Université de Cambridge et fellow at St-John's College&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ethnographiques.org/Hamayon-Roberte.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Roberte Hamayon&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Directrice d'études émérite, EPHE, Paris&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Claude Schmitt
&lt;br /&gt;Directeur d'études, EHESS, Paris&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ethnographiques.org/Schulte-Tenckhoff-Isabelle.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Isabelle Schulte-Tenckhoff&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Professeure, Graduate Institute of International and Development Studies, Genève&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ethnographiques.org/Segalen-Martine.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Martine Segalen&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Professeure émérite, Université Paris X&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ethnographiques.org/Weber-Florence.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Florence Weber&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;Professeure, ENS, Paris&lt;/p&gt;</description>
		  <author></author>
		<dc:date>2008-06-17 13:24:12</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
			        <dc:creator></dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>BELTING Hans, 2004, Pour une anthropologie des images</title>
		<link>http://www.ethnographiques.org/2008/Werner.html</link>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;span class='spip_documents spip_documents_left' style='float: left; width: 165px;'&gt;&lt;img src='http://www.ethnographiques.org/IMG/jpg/Vignette_copy.jpg' width='165' height='165' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPEG)&quot; /&gt;&lt;/span&gt; Tous ceux qui travaillent, dans une perspective anthropologique, sur les technologies visuelles savent combien l'absence d'un cadre théorique approprié fait cruellement défaut. C'est pourquoi j'attendais beaucoup de la lecture de l'ouvrage de Hans Belting, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Pour une anthropologie des images&lt;/i&gt;, dont le titre laissait espérer une percée dans un domaine où les anthropologues de langue française ne se bousculent pas. Je dois dire d'emblée que mon attente a été en partie déçue, dans la mesure où ce que Belting entend par anthropologie n'a pas grand chose à voir avec la discipline scientifique du même nom. En fait, comme le montre la composition du groupe d'études interdisciplinaire qu'il a fondé à l'Université de Karlsruhe et qui rassemble des historiens de l'art (comme Belting lui-même), des philosophes, des psychologues, des spécialistes des neurosciences et des critiques littéraires, sa réflexion se passe très bien d'anthropologues.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ouvrage est composé de sept chapitres, soit deux sous-ensembles de trois chapitres chacun, plus un dernier chapitre sur la photographie qui fait en quelque sorte office d'étude de cas. Dans les trois premiers chapitres, d'une lecture souvent ardue, l'auteur expose les tenants et aboutissants de sa théorie de l'image, tandis que les trois chapitres suivants, qui relèvent d'une approche classique en histoire de l'art, sont d'un abord plus facile.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout au long du premier chapitre, relativement long et touffu, Belting s'efforce de préciser et définir sa conception d'une anthropologie des images qui repose sur la mise en relation des trois termes du trépied conceptuel suivant : « image (matérielle ou immatérielle) &#8212; médium (ou dispositif visuel) &#8212; corps regardant ». Le premier obstacle présenté par cette définition réside dans la difficulté de distinguer l'image du médium dans lequel elle se matérialise. Pour effectuer cette opération délicate, il propose de définir le médium comme un support matériel et technique &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;à travers&lt;/i&gt; lequel une image se matérialise et se transmet. Le médium peut être la peinture, la sculpture, la photographie, le cinéma, la télévision, Internet, un téléphone portable, etc. Quant aux images, elles sont comme des nomades « qui se déplacent dans le temps d'un médium à un autre » (15), ou encore « qui campent provisoirement dans chaque nouveau médium avant de s'instituer dans le suivant » (273). Mais se matérialiser dans un médium ne suffit pas pour que les images accèdent à la visibilité. Pour cela, encore faut-il qu'elles soient perçues, comme des images&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;,&lt;/i&gt; par un être humain qui, par « un acte d'animation » (43), va les détacher de leur médium support, les transposer dans son imaginaire et leur conférer enfin un sens. Cette modalité spécifique de perception est une action symbolique qui se présente de manière différente selon la culture à laquelle appartient le sujet regardant. Pour l'appréhender, il faut donc étudier les « cadres symboliques à travers lesquels nous percevons (les images) et les identifions comme telles » (45). Mais, comme le reconnaît Belting, ce dernier point est difficile à mettre en &#339;uvre dans la mesure où, en pratique, il s'avère quasi impossible de distinguer l'image de son médium. Et cela, en raison de la variété presque infinie de leurs rapports (« Soit le médium occupe le premier plan et nous éloigne de l'image, soit au contraire l'image escamote le médium comme si elle existait de sa seule autorité », 33), ou encore des usages multiples et variés que des cultures différentes peuvent faire d'un même médium.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le chapitre suivant, Belting s'efforce de préciser et affiner sa théorie en s'appuyant sur un savoir de sens commun posé d'emblée comme un fait intangible : « &lt;i&gt;Tout le monde sait bien&lt;/i&gt; que c'est par les images qu'il fabrique que l'homme se distingue des autres être vivants [...] mais, &lt;i&gt;il est tout aussi indiscutable&lt;/i&gt; que les hommes se distinguent considérablement les uns des autres [...] à travers leurs images, de civilisation à civilisation » (79, je souligne). Il faut noter ici que Belting, tout au long de son texte, n'emploie jamais le conditionnel, semble ignorer la notion d'hypothèse, et s'exprime de préférence par des affirmations péremptoires. Si l'usage de tels procédés est, somme toute, logique pour un auteur affirmant que « la question de l'image est irréductible à un traitement scientifique » (74), ils sont plus discutables sur le plan de la méthode. Dans ces conditions, il a beau multiplier les références intellectuelles (Freud, Foucault, Augé, Sontag) et artistiques, il ne parvient pas à assembler les pièces du puzzle en une représentation cohérente.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le troisième chapitre, qui traite des rapports entre image du corps et vision de l'homme, un thème cher aux historiens de l'art, Belting est assurément plus à l'aise. Il apporte ici une contribution intéressante à la réflexion sur cette « crise de la représentation » (27) qui prendrait naissance, à la fois, dans une « crise de l'analogie » en rapport avec le développement de la technologie numérique, et dans le découplage entre image du corps et représentation de l'être induit par les avancées de la science (imagerie scientifique, neuro-sciences, génétique). Cette référence à l'imagerie scientifique constitue un apport important à la construction d'une théorie de l'image, en ce sens qu'elle est une invitation faite aux différents spécialistes du visuel (de la photographie, du cinéma, de la vidéo, de l'imagerie médicale, etc.) à regarder au-delà des cloisons qui séparent leurs champs d'investigation respectifs. Ici, la spécialisation est contre-productive, car elle empêche de saisir les rapports complexes que les différentes technologies visuelles entretiennent les unes avec les autres dans l'imaginaire collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les trois chapitres qui suivent, parce qu'ils relèvent d'une histoire de l'art parfaitement documentée et méthodologiquement assurée, sont d'une lecture passionnante. Ainsi, dans le chapitre IV (« Blason et portrait. Deux médiums du corps »), Belting décrit, au fil d'une analyse d'inspiration warburgienne, comment, à la Renaissance, le portrait peint s'est imposé progressivement comme un médium privilégié de représentation du sujet, en parallèle avec la montée en puissance de la bourgeoisie et l'émergence d'un nouvel humanisme.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est dans le chapitre V (« L'image et la mort. L'incarnation dans les cultures anciennes ») que l'auteur déploie toutes les ressources de son érudition. S'appuyant sur une étude fouillée des usages de l'image dans les rituels funéraires de l'Antiquité, Belting montre de façon convaincante que le rapport étroit que l'image entretient avec la mort plonge ses racines dans ce « mystère de la présence d'une absence » (15) qu'elle a en commun avec le cadavre ou le corps momifié. Si cette interprétation éclaire d'un jour nouveau le rapport des Occidentaux aux images, il n'est pas certain qu'elle s'applique à toutes les images, ni qu'elle soit de portée universelle. Car, en accordant une place centrale à l'expérience de la mort dans l'invention des images, l'auteur laisse de côté les autres voies empruntées par les hommes du Néolithique pour inventer des images (les figurations pariétales, les statuettes de fécondité) qui témoignent de la complexité des rapports qu'ils entretenaient avec eux-mêmes et le monde comme le montre très bien Marie-José Mondzain dans son dernier ouvrage (&lt;a href=&quot;/backend.php3#void&quot; class=&quot;bibli&quot; onMouseOver=&quot;AffBulle('MONDZAIN Marie-José, 2007, &lt;i&gt;Homo spectator&lt;/i&gt;, Paris, Bayard.')&quot; onMouseOut=&quot;HideBulle()&quot;&gt;2007&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Après avoir évoqué, au chapitre VI, la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Divine comédie&lt;/i&gt; de Dante et l'invention faite par ce dernier du terme &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;virtuel&lt;/i&gt; pour désigner des images « qui n'existent pas dans le monde empirique mais dans l'au-delà » (245) à l'instar des avatars de notre cyber-espace, Belting clôt son ouvrage par un septième et dernier chapitre dans lequel il tente d'appliquer sa théorie à ce médium particulier qu'est la photographie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fidèle à sa méthode, il ramenène les images « à leur spectateur, à son vécu ou aux obsessions auxquelles il est livré dans les images et dans ses images, même lorsque celles-ci empruntent le détour de la photographie » (273). Mais les résultats ne sont pas à la hauteur des ambitions de l'auteur, en dépit de réflexions pertinentes comme, par exemple, la critique de la croyance si répandue dans le pouvoir de vérité de l'image photographique (294) et, en fin de compte, le lecteur reste sur sa faim. La cause principale de cet insuccès est à rechercher dans la méconnaissance des travaux contemporains concernant l'histoire et l'anthropologie de la photographie dans les sociétés non occidentales, comme en témoigne, par exemple, le fait que le seul travail ethnographique dont il est fait mention est celui de Christopher Pinney (&lt;a href=&quot;/backend.php3#void&quot; class=&quot;bibli&quot; onMouseOver=&quot;AffBulle('PINNNEY Christofer, 1997, Camera Indica. &lt;i&gt;The Social Life of Indian Photographs&lt;/i&gt;, London, Reaktion Books.')&quot; onMouseOut=&quot;HideBulle()&quot;&gt;1997&lt;/a&gt;) sur les usages sociaux de la photographie en Inde. Cette ignorance résulte directement d'une approche théorique qui prétend étudier les images tout en plaçant hors du champ de l'analyse les médiums à travers lesquels elles s'actualisent.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En dépit de ses insuffisances, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Pour une anthropologie des images&lt;/i&gt; offre matière à réflexion, en particulier par cette façon qu'a Belting d'aborder la question des images en s'intéressant aux conditions de leur circulation entre imaginaire individuel, imaginaire collectif et médiums visuels. Il s'agit d'une piste de recherche prometteuse à condition de l'associer à l'étude comparée des modalités d'appropriation et des usages sociaux des technologies visuelles (les médiums) et des images matérielles qu'elles transmettent, seule façon de prendre en compte &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;concrètement&lt;/i&gt; la diversité des sociétés humaines dans l'espace et le temps.&lt;/p&gt;</description>
		  <author>Jean-François Werner</author>
		<dc:date>2008-05-19 20:46:07</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
			        <dc:creator>Jean-François Werner</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>Kaptëlo. L'origine du ciel de case et du roseau à flèches chez les Wayana (Guyanes)</title>
		<link>http://www.ethnographiques.org/Kaptelo-L-origine-du-ciel-de-case.html</link>
		<description>&lt;img src=&quot;IMG/arton439.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='left' width=&quot;400&quot; height=&quot;588&quot; onmouseover=&quot;this.src='IMG/artoff439.jpg'&quot; onmouseout=&quot;this.src='http://www.ethnographiques.org/IMG/arton439.jpg'&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;</description>
		  <author></author>
		<dc:date>2008-05-07 15:01:42</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<title>Marionnette : objet de vies</title>
		<link>http://www.ethnographiques.org/Marionnette-objet-de-vies.html</link>
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		  <author></author>
		<dc:date>2008-05-07 15:00:47</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<item>
		<title>Uzès Quintet (DVD)</title>
		<link>http://www.ethnographiques.org/Uzes-Quintet-DVD.html</link>
		<description>&lt;img src=&quot;IMG/arton433.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='left' width=&quot;400&quot; height=&quot;572&quot; onmouseover=&quot;this.src='IMG/artoff433.jpg'&quot; onmouseout=&quot;this.src='http://www.ethnographiques.org/IMG/arton433.jpg'&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;</description>
		  <author></author>
		<dc:date>2008-05-07 15:00:45</dc:date>
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			        <dc:creator></dc:creator>
		

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		<title>L'arc jurassien. Histoire d'un espace transfrontalier</title>
		<link>http://www.ethnographiques.org/L-arc-jurassien-Histoire-d-un.html</link>
		<description>&lt;img src=&quot;IMG/arton436.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='left' width=&quot;400&quot; height=&quot;546&quot; onmouseover=&quot;this.src='IMG/artoff436.jpg'&quot; onmouseout=&quot;this.src='http://www.ethnographiques.org/IMG/arton436.jpg'&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;</description>
		  <author></author>
		<dc:date>2008-05-07 15:00:43</dc:date>
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		<item>
		<title>Flux RSS - syndication</title>
		<link>http://www.ethnographiques.org/Flux-RSS-syndication.html</link>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;a name='sommaire'&gt;&lt;/a&gt;&lt;h4&gt;Sommaire&lt;/h4&gt;&lt;p class='spip'&gt;&lt;a name='table'&gt;&lt;/a&gt;&lt;ul id='tablematiere'&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href='http://www.ethnographiques.org/backend.php3#1'&gt; Flux RSS&lt;/A&gt;&lt;ul&gt;
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		  <author></author>
		<dc:date>2008-05-02 08:32:01</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
			        <dc:creator></dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>JADÉ Mariannick, 2006, Patrimoine immatériel : perspectives d'interprétation du concept de patrimoine</title>
		<link>http://www.ethnographiques.org/2008/Boulghallat.html</link>
		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;span class='spip_documents spip_documents_left' style='float: left; width: 283px;'&gt;&lt;img src='http://www.ethnographiques.org/IMG/jpg/clip_image002-5.jpg' width='283' height='283' style='border-width: 0px;' alt=&quot;(JPEG)&quot; /&gt;&lt;/span&gt; Dans son livre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Patrimoine immatériel &#8212; Perspectives d'interprétation du concept de patrimoine&lt;/i&gt;, Marrianick Jadé nous livre une lecture critique du concept de « patrimoine immatériel » (21-22). Précurseur en la matière, cet ouvrage reconstruit en quatre parties le cheminement de la pensée philosophique sur le fait patrimonial. L'auteur y analyse, d'une part, les recommandations et les conventions internationales associées au concept de « patrimoine » (deuxième partie, chapitre 1) et présente, d'autre part, ses différentes significations dans les sciences humaines et exactes (troisième partie, chapitre 2). S'ouvre ainsi un débat stimulant sur la relation entre le concept de « patrimoine » et le devenir de l'Homme (quatrième partie, chapitre 1).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En introduction (25), l'auteure note que « héritage » et « patrimoine » présentent de nombreuses similitudes. Jadé rappelle ainsi que le premier terme se définit selon le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Petit Robert&lt;/i&gt; comme « le patrimoine laissé par une personne décédée et transmis par succession ». L'étymologie latine du second &#8212; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;patrimonium&lt;/i&gt;, de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;pater monium&lt;/i&gt; = bien du père) &#8212; lui accorde par extension « l'héritage du père » (30). Toutefois, cette terminologie comparée n'implique pas une synonymie complète dans le champ sémantique. Leur distinction, nous dit Jadé, repose sur une nuance capitale : l'un décrit la transmission d'un bien dans le cadre de la sphère publique, l'autre décrit la transmission d'un bien dans le cadre de la sphère privée (30).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'analyse de Jadé associe régulièrement le patrimoine culturel immatériel et le développement durable. Ces deux concepts participent à la compréhension de la patrimonialisation du vivant et constituent le cadre de la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel&lt;/i&gt; publiée en 2003. Cette problématique confère donc une lisibilité et une visibilité globale aux positionnements actuels de l'UNESCO quant à la défense de la diversité culturelle et de la biodiversité. Dans ce contexte, Jadé précise que toutes les richesses inventoriées par l'UNESCO sont censées appartenir à tous les peuples, quelle que soit leur localisation territoriale. Elles deviennent ainsi le bien commun de tous et de personne en particulier (78-80). Ce positionnement idéologique apparaît ainsi au fondement de la notion occidentale de « patrimoine mondial de l'humanité » (90).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la deuxième partie, l'auteure montre comment le « patrimoine culturel immatériel » réinvestit des apports théoriques essentiels pour réinterpréter le concept de patrimoine dont elle souligne les traits caractéristiques : « sa dimension de fait social, sa réalisation en tant que processus, sa relation avec les notions de perte et de disparition, de mémoire, de vivant et de vitalité, ou encore avec celles de transmission, d'appropriation, de conception &#8212; dynamique &#8212; du temps » (76, 119, 125). Mariannick Jadé avance qu'il a fallu des années pour formuler l'idée de « patrimoine culturel immatériel », la faire naître et grandir, mais seulement deux ans pour produire le texte de ce nouvel instrument normatif [&lt;a href=&quot;http://www.ethnographiques.org/backend.php3#nb1&quot; name=&quot;nh1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;[1] En octobre 2003, l'UNESCO a adopté la « Convention pour la (...)&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]. Cette rapidité n'empêche pas Jadé d'examiner les résistances au projet, lesquelles éclairent l'âpreté des controverses et les difficultés d'assimiler en si peu de temps les évolutions du concept de « patrimoine ». L'auteure se demande notamment en quoi et pour qui le concept est-il réellement opératoire ? Selon l'UNESCO, « le patrimoine culturel immatériel » constitue la source essentielle d'une identité profondément ancrée dans l'histoire, dont les valeurs, en particulier, et les différentes manifestations culturelles, en général, constituent les fondements de la vie d'une communauté et/ou d'un peuple (88). Si les valeurs immatérielles constituent un premier élément de réflexion sur le « patrimoine », Jadé affirme &#8212; à la suite de K. Pomyan &#8212; qu'elles ne permettent pas d'en saisir toute la portée (92). La patrimonialisation n'est-elle pas aussi une réponse réactionnelle de l'Homme face à une mouvance perpétuelle, synonyme de pertes successives ? N'exprime-t-elle pas un désir de continuité ? Ne se manifeste-t-elle pas également comme un processus intentionné de conscientisation de ce qui disparaît et de mise en place d'une action politique ? (92, 235).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce raisonnement conditionne la position de l'UNESCO sur la défense d'une politique de « sauvegarde » inscrite dans le mouvement et le changement, et non sur une position de « conservation » mnémonique des réalités culturelles passées, empreintes de fixité : une distinction fondamentale selon Jadé (96) qui met en lumière les modes d'appropriation et de réappropriation continuelle de ces connaissances. Le souci de l'UNESCO porte donc bien sur le processus de transmission de savoirs, mais dans le respect de leurs formes initiales. Or ces pratiques culturelles sont fragiles. Leur maintien est primordial pour assurer la continuité de l'acte initiateur, car leur renouvellement et leur vivacité reposent sur des caractéristiques très particulières. A titre d'exemple, l'auteure indique que l'oralité représente l'un des « éléments essentiels à la pérennité du système [culturel] » (104, 120). Cette double position (attachement à la diversité et menace de sa disparition) est précisément ce qui provoque la « mise en patrimoine » d'un fait social et/ou culturel. Par conséquent, les espaces de sociabilité et l'environnement dans lequel s'exprime le patrimoine doivent également faire l'objet d'une protection (86, 102-104).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jusqu'à la troisième partie de l'ouvrage, Jadé questionne régulièrement l'idée même de « concept » à la lumière de sa réflexion sur le patrimoine. Elle propose de distinguer « concept » de « notion » qui introduit l'idée d'un contenu de connaissances alors que le concept est une construction (149). Le concept &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;conçoit&lt;/i&gt;, c'est-à-dire qu'il permet de se représenter une chose en déterminant ce qu'elle signifie par rapport à d'autres choses. Le terme est emprunté du latin &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;conceptus&lt;/i&gt; qui signifie « action de contenir, de recevoir » et plus précisément « réunion, procréation » (18). Par sa fonction, le concept doit être globalisant car il construit des liens et des parentés entre les faits séparés. Il est dès lors réducteur car il atténue les différences, accentue les similitudes et transcende les cas particuliers. Le concept n'est pas le phénomène lui-même, mais son attraction intellectuelle, c'est-à-dire un outil de pensée constant et stable :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;« [Le concept] est au c&#339;ur d'une contradiction majeure : il est utile pour mettre en perspective, ordonner et donner un sens, mais il peut aussi mettre en lumière la singularité par l'analyse des distinctions et des ressemblances. Il s'agit donc d'opérer une double démarche : l'une vers le général, l'autre vers le particulier. Le paradoxe de patrimoine est posé. Tout en affirmant une quête de l'universel, il doit également prendre en compte la diversité des expressions culturelles, formelles et historiques du fait patrimonial » (150).&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les questions posées par l'analyse de Jadé sont très stimulantes. Par exemple, à quel niveau de réalité s'exerce le processus de patrimonialisation ? De quelle manière est vécue la disparition ? Quelles sont les valeurs associées à ce qui est en train de disparaître ? Quelle forme prend la réponse réactionnelle ? Comment la cohésion sociale s'organise-t-elle autour de cette volonté de perpétuation ? Quel type de transmission accompagne la volonté de continuité ? Orale, écrite ou gestuelle ? (153). Construction de l'esprit, le concept est le résultat d'un processus de conceptualisation qui, à partir de la perception d'un fait réel, tente de déterminer l'ensemble stable de ses caractères communs et s'achève par la dénotation, c'est-à-dire par la désignation du concept par un signe verbal (18). Cette définition met également en lumière le mécanisme complexe qui sous-tend la construction historique de ces instruments intellectuels. L'histoire d'un concept reflète la progression d'une réalité historique qui oscille entre ruptures et continuités (19). L'auteure caractérise ainsi le « fait patrimonial » tel qu'il se déploie comme « fait social ». Sa compréhension comme processus actif construit sur la réalité suggère que toutes ses manifestations peuvent faire l'objet d'une mise en patrimoine. L'extension du concept de patrimoine est par conséquent solidaire de l'étendue du réel. A cet égard, Jadé considère que, d'un point de vue purement scientifique, l'approche structuraliste joue un rôle fondamental dans la collecte des informations sur chaque fait patrimonial (63, 70). C'est là un apport original de l'ouvrage qui essaye de concilier les paradigmes des sciences exactes avec ceux des sciences humaines vis-à-vis du patrimoine au sens large. La voie structuraliste considère en effet chaque fait comme un tout autonome, construit en système, où existe une harmonie réelle entre quatre éléments interactifs : le fait patrimonial, les savoirs/savoir-faire/compétences, les processus, et l'environnement (60). Un certain nombre de subtilités déterminent leurs aspects singuliers : la place de l'intangible (l'essence immatérielle permanente assurant la continuité), le type de processus leur permettant de se manifester physiquement (acte de création, de découverte, d'innovation), et la dynamique de leur devenir (c'est-à-dire le renouvellement de leurs expressions). Dans cette perspective, le fait patrimonial se caractérise par l'attribution d'une « valeur » à un élément matériel ou immatériel (155-156).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En parallèle, Jadé souligne que la démarche scientifique a entraîné une réflexion approfondie sur le rôle du musée vis-à-vis de la « fonction », vue comme l'un des facteurs qui déterminent l'aspect « vivant » du patrimoine (165, 188, 208). Les manifestations dites « vivantes » s'inscrivent davantage dans le rapport du mouvement et de la mobilité au temps, et dans une dynamique où la continuité immatérielle offre repère et stabilité face au devenir historique (100, 144). La vitalité d'une culture se manifeste par une re-création continuelle de ses manifestations matérielles par la communauté. Or, l'immatériel n'est perceptible qu'à travers certaines manifestations physiques : savoir-faire, gestes, techniques, etc. Les hommes en tant que protagonistes deviennent essentiels à l'existence des « essences culturelles intangibles » qu'ils portent en eux-mêmes à l'état immatériel (166). Ce développement conduit le lecteur à la quatrième et dernière partie de l'ouvrage qui s'achève par une rétrospective consacrée aux musées. A ce propos, l'auteur rappelle le rôle qu'ont joué les cabinets de curiosité (ancêtres des musées occidentaux) dans la définition des concepts du patrimoine matériel. D'une part, l'institution muséale naissante a été le socle de la réflexion et des recherches sur le « patrimoine ». L'implantation de musées à travers le monde a ainsi servi de base à la diffusion et à la pérennisation d'une perception occidentale du concept de patrimoine, laquelle érige la dimension matérielle en valeur culturelle dominante (206, 207). D'autre part, les musées ont systématiquement été conçus comme des « conservatoires de passé », comme les gardiens des reliques d'un temps révolu et sacralisé grâce auquel l'Homme peut s'interroger sur son devenir (210). A travers la collecte non seulement d'objets mais aussi de fragments sonores et/ou visuels du passé, c'est le souci constant de rassembler des traces qu'exprime l'institution muséale occidentale. Repère d'identité, le musée aide à comprendre des réalités passées et permet aux nouvelles générations de s'ancrer dans le continuum temporel du devenir qu'elles décideront ou non de prolonger. Dans tous les cas, la conscience du passé devient utile pour la construction de l'avenir. Et Jadé de suggérer en conclusion que ce processus de patrimonialisation s'achève par la transmission et l'appropriation collective de ce savoir capitalisé par la société civile (216), dénonçant par là l'ethnocentrisme occidental qui se cantonne à la conservation et à la muséification des objets matériels. Une critique opportune, même si l'on regrette l'absence d'une véritable assise ethnographique qui aurait permis de mieux refléter la diversité du patrimoine immatériel en termes de savoir-faire.&lt;/p&gt;</description>
		  <author>Adil Boulghallat</author>
		<dc:date>2008-04-14 20:52:06</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
			        <dc:creator>Adil Boulghallat</dc:creator>
		

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