Résumé

L’acte du « retour » au cours d’un voyage implique la recherche d’un lien distendu, parfois rompu, avec une terre et des personnes perçues comme constitutives d’une histoire personnelle ou familiale. Ce dossier met l’accent sur l’expérience même du « voyage retour » et examine la manière dont celui-ci est sous-tendu par une démarche de recherche. Les pratiques de quête constituent un leitmotiv des retrouvailles avec un endroit considéré comme celui des « origines », au cours de déplacements qui sont également qualifiés de « recherches des racines » par les voyageurs. La centralité de la quête, raison d’être de ces voyages, tient à trois éléments qui constituent les axes de réflexion qu’adoptent les articles ici réunis : premièrement, intrinsèque au projet de « retour », la quête est mise en récit et les narrations du voyage sont des narrations de soi ; deuxièmement, elle est ce qui leur donne forme, ce qui modèle le déroulement du voyage, ses séquences temporelles et son déploiement dans l’espace ; et enfin, troisièmement, elle est une mise à l’épreuve de l’appartenance, où se joue une tension entre familiarité et étrangeté.

Abstract

Narratives, experiences and quests : the trials and tribulations of voyages of returning

“Returning” invokes the search for a distended – sometimes broken – connection to places and people that are seen as a constitutive part of personal or family histories. This journal issue focuses on the experience of “return” voyages and examines how they are informed by the idea of the quest. The quest is a central motif framing encounters happening during trips to places imagined as “origins” ; travellers often refer to them as “searching for their roots”. The centrality of the quest resides in three practices that constitute the main topics of the papers in this issue : First, intrinsic to voyages of returning is the practice of narrative, whereby stories of the journey become narratives of the self. Second, the quest shapes the itinerary/rhythm of the trip – its sequences and how it unfolds in time and space. Third, return travel works as a test (épreuve) of belonging ; there is a tension at play between familiarity and estrangement.

Sommaire

Revenir. Quêtes, enquêtes et retrouvailles

Ce dossier prend pour objet le voyage à dimension de « retrouvailles » avec un lieu d’appartenance revendiquée, un déplacement temporaire vers un endroit considéré comme celui des « origines ». Les textes ici réunis s’intéressent aux projets entrepris volontairement que les voyageurs eux-mêmes qualifient parfois de « voyages retour », de « recherches des racines » ou encore de « retours aux sources ». Les destinations ont bien souvent, pour les participants, une signification particulière puisqu’ils les envisagent comme intimement liées à leur trajectoire personnelle ou à celle de leurs ascendants. Cet acte du « revenir » implique la recherche d’un lien distendu, voire rompu, avec une terre et des personnes perçues comme constitutives d’une histoire personnelle ou familiale. Il repose sur la quête active, qui peut être déçue, d’une (re)connexion ou d’une (re)familiarisation avec ces dernières. Qu’elle aboutisse ou non, cette quête passe par la recherche d’indices, de traces et de pistes.

Les voyages de ce type ont reçu une attention croissante depuis la dernière décennie du XXe siècle dans la littérature portant sur la mobilité migrante et diasporique. Les « mythes du retour » (Brettell 1979, Safran 1991, Cohen et Gold 1997) nourris par les émigrés qui entretiennent une « illusion du provisoire » (Sayad 2006), l’« amour de la terre ancestrale » et la « mémoire de l’exil » transmis souvent sur plusieurs générations (Bordes-Benayoun et Schnapper 2008, Hovanessian 2006) ont été largement documentés. Les voyages retour ont été appréhendés comme des pratiques par lesquelles sont entretenus et reproduits les sentiments d’appartenance et les liens au lieu de provenance des émigrés ou de leurs ascendants (Legrand 2002, Leite 2005, Katić 2014, Tsimouris 2014, Le Saint 2015). Ils font souvent l’objet de tensions et de négociations, de malentendus et de déceptions (De Gourcy 2007, 2010, Oxfeld 2010, Bidet et Wagner 2012, Olwig 2012) qui peuvent conduire à la remise en question de ces sentiments et de ces liens (Constable 1999, Louie 2000, 2001, Razy 2006).

Ce dossier met l’accent sur l’acte même du voyage, au sens d’une expérience temporellement limitée de déplacement dans l’espace. Les auteurs explorent tout un éventail de voyages perçus par les participants comme diverses modalités de « retours » aux origines [1].

Certains d’entre eux relèvent de la catégorie des « retours provisoires » (Oxfeld et Long 2004 : 9-11) ou de ce que Russell King et Anastasia Christou (2011 : 458-459) qualifient de « visites de retour à court terme » entreprises par des émigrés pour les distinguer des « migrations retour de la seconde génération » et des « retours ancestraux », catégorie dans laquelle ils incluent des retours épisodiques ou permanents de populations dont les ascendants ont quitté les lieux plusieurs générations auparavant. C’est le caractère temporaire du voyage que nous retenons ici comme trait commun à tous ces « retours », qu’ils soient le fait de primo-migrants (Simoni), de leurs descendants aux générations suivantes (Trémon, Wojczewski), de descendants et sympathisants d’une cause (Moulinié), de touristes (Mulet) ou encore de personnes engagées dans une démarche scientifique (Mouchard). Le lien au lieu visité et à ses habitants peut être déjà connu, mais il peut également être plus ou moins hypothétique, voire inexistant au préalable. Le voyage lui-même vient alors préciser cette relation (Trémon, Wojczewski), la confirmer (Simoni), la revendiquer (Moulinié), l’établir (Mulet) ou l’attester (Mouchard). Dans tous les cas, elle est mise à l’épreuve dans le cours même du voyage.

Bien qu’elles soient parfois entreprises dans la perspective d’un retour définitif [2], les visites s’en distinguent en raison de leur courte durée et de leur atmosphère festive ou tout au moins vacancière, elles donnent volontiers lieu à l’entretien d’images idéalisées du pays d’origine (Gmelch 1980 : 45). Du fait de l’intensité des interactions sociales dans un laps de temps limité (Smith 2006 : 120), elles sont d’autant plus chargées en affects et font l’objet de fortes attentes de la part des visiteurs. Leurs similarités avec d’autres quêtes des origines tiennent également à ce que les visites d’émigrés associent fréquemment, au cours d’un même voyage, visites à la famille et aux voisins et activités plus largement récréatives. Jennifer Bidet et Laurent Wagner notent ainsi que les émigrés associent « les visites familiales à des activités dites déroutinisantes » (2012 : 116) qui prennent parfois le relais des premières visites rendues aux familles (Ponrouch 2009). Si cela est le cas des « retours » de primo-migrants comme les Cubains décrits par Valerio Simoni, c’est une caractéristique plus notable encore de ceux de descendants d’émigrés qui pratiquent ce qui est appelé alternativement un tourisme « des racines », tourisme « diasporique » ou tourisme « ancestral » (Basu 2007, Fourcade 2010, Leite 2005), ainsi que le montre Anne-Christine Trémon à propos des « retours » en Chine de descendants d’émigrés chinois.

Le voyage peut être une découverte d’un lieu connu par les récits qui en ont été faits par les ascendants, ou la revisite d’un lieu connu dans son propre passé. Il peut en outre être imposé dans des discours officiels qui alimentent des « idéologies du retour » (Markowitz 2004, Biao et. al. 2013). Ceux-ci présentent comme un impératif moral la visite du lieu des origines, souvent assorti d’une injonction nationaliste à assurer un soutien politique (Kelner 2010) ou à participer au développement économique du lieu en question (Louie 2000, 2001), le « tourisme des racines » lui-même étant parfois promu comme une source de revenu (Legrand 2002). Les récits du retour s’enchâssent alors, sans nécessairement entrer en adéquation avec eux, dans les grands récits portés par des États-nations. Dans sa contribution, Anne-Christine Trémon examine de plus près comment les pratiques de quête font écho ou entrent en dissonance avec les discours et programmes officiels des États hôtes porteurs d’un nationalisme diasporique. En revanche, si c’est bien vers un pays perdu que « retournent » les descendants et sympathisants des Républicains espagnols, ce n’est pas vers une patrie perdue ; Véronique Moulinié montre comment les voyages associatifs sont l’occasion de perpétuer l’idéal républicain. C’est également la quête d’un idéal, cette fois-ci rural, qui motive les visites répétées de touristes français dans le Haut-Atlas, dont Pascal Mulet décrit la recherche de familiarité. Ces déplacements, organisés individuellement ou en groupe, peuvent être encadrés par des institutions diverses (agences para-/gouvernementales, associations, agences touristiques, etc.). La façon dont les rites d’accueil et les passages obligés organisés par des instances officielles ou non officielles modèlent l’expérience du voyage retour en la mettant en récit est interrogée dans le texte de Valerio Simoni.

Plusieurs travaux ont visé à caractériser la spécificité des voyages retour au regard des voyages touristiques en général [3]. Le cadre analytique offert par Erik Cohen (1979) s’avère à cet égard toujours utile. Avançant que l’on ne peut pas comprendre la motivation et le comportement touristiques sans prendre en considération la « vision du monde » du voyageur – « les significations diverses qu’ont la culture, la vie sociale et l’environnement naturel des autres […] pour le voyageur individuel » (1979 : 183 [4]) –, il propose de situer les touristes sur un continuum allant du « récréatif » à l’« existentiel », dépendant de la localisation de leur « centre spirituel », « le centre religieux ou culturel qui symbolise les significations ultimes » (1979 : 181). Pour les personnes dont le centre spirituel se situe à l’intérieur de leur propre société, le tourisme international est avant tout un mode de récréation, une échappatoire aux pressions de la vie quotidienne. Pour celles qui se sentent mal à l’aise (« aliénées ») au sein de leur propre société, le voyage touristique peut devenir l’occasion d’une quête d’un centre alternatif, « électif », dans une société différente. Sans postuler que les touristes français dont il décrit les voyages au Maroc soient « aliénés » de la société française, Pascal Mulet décrit une telle recherche de familiarité dans un lieu éloigné.

Certains auteurs ont souligné la proximité des séjours de recherches généalogiques ou de visites aux parents avec les pratiques pèlerines (Cohen 1979, Berkowitz 1997, Ebron 1999, Schramm 2004, Andriotis 2009, Kelner 2010, Di Giovine et Picard 2015). « L’homologie entre le “tourisme diasporique” et le pèlerinage est souvent rendue explicite dans la manière dont les participants cadrent leur expérience, à la fois comme un cheminement vers un centre spirituel et comme une quête individuelle » (Badone et Roseman 2004 : 7). Les tentatives de typologies des différentes modalités de déplacement ont débouché sur le constat que le caractère existentiel de ces entreprises n’exclut pas une dimension récréative. Au cours d’un voyage, les pratiques oscillent ainsi constamment. À la suite d’Erik Cohen (1979, 1992), plusieurs auteurs ont invité à situer ces pratiques diverses sur un continuum entre deux polarités, tourisme/récréatifpèlerinage/existentiel (Smith 1992, Rinschede 1992, Badone et Roseman 2004, Frey 2004, Collins-Kreiner 2010) et mis en évidence la multidimensionnalité de ces voyages (Graburn 1983, MacCannell 1976). C’est tout particulièrement le cas de ceux décrits par Véronique Moulinié, qui mêlent visites de lieux de mémoire de la seconde République espagnole et de lieux sans lien avec celle-ci.

Delphine Bechtel et Luba Jurgenson distinguent deux formes principales au sein de la catégorie qu’elles qualifient de « tourisme mémoriel » (ou « tourisme du souvenir » ; 2013 : 18) : le « tourisme nostalgique », aussi appelé « voyage des racines » (roots/genealogy tourism), et le « tourisme noir ou sombre » (dark tourism [5]), proche du « tourisme de la perte et du deuil » (grief tourism) (2013 : 12-13).

Les « touristes du souvenir » cherchent les traces […] d’une brisure, d’un traumatisme, d’une mémoire qui hante leur présent et qu’ils cherchent à exorciser. Ils cherchent à reconstituer une partie d’une histoire familiale ou individuelle inconnue ou perdue, parfois sur plusieurs générations.
(Bechtel et Jurgenson 2013 : 18-19.)

Le voyage peut avoir une fin réparatrice, dans l’optique de rétablir une histoire interrompue, de combler une lacune considérée comme une source de souffrance. Les membres du groupe de voyageurs suivi par Anne-Christine Trémon partagent une même démarche de recherche mémorielle en réponse à une transmission familiale interrompue. La Chine représente ces origines avec lesquelles le lien est coupé ou très affaibli. Ils cherchent quelque chose dont ils ont été privés mais qu’ils pourraient retrouver en effectuant ce voyage. De même, pour les deux figures féminines de l’activisme afro-allemand dont Silvia Wojczewski analyse les récits biographiques, nées de mères allemandes et de pères afro-américain et ghanéen, les destinations telles que le Ghana, les Caraïbes et les États-Unis représentent des « origines » inconnues dont la découverte représente une étape dans une quête plus large qui fait l’objet d’une interprétation narrative de l’identité. Le « retour » est ainsi souvent vécu comme un « retour à soi ». Les voyages ne sont souvent que la concrétisation par le déplacement spatial d’une quête identitaire déjà en cours. L’objet de la recherche est perçu comme ayant été perdu (Basu 2001 : 335).

En plus de cette recherche d’un « perdu », les origines sont imaginées en référence à des lieux qui incarnent l’idée d’un « chez-soi » ou d’une « source ». Le voyage permet de les éprouver dans leur matérialité, mais les « sens du lieu » (Feld et Basso 1996, Seddon 2004) préexistent à sa (re)découverte sur place. La connaissance du lieu ne dérive pas de sa perception in situ, elle est une composante de la perception que le sujet en a (Casey 1996 : 18). Les lieux visités sont l’objet d’attentes, investies par l’imaginaire et nourries par des lectures, des images et des récits transmis oralement au sein de la famille ou des discours véhiculés par les médias (Basu 2001 : 338, De Gourcy 2010 : 351). Même lorsque les voyageurs n’y sont jamais allés, ils éprouvent le sentiment d’y « revenir ». Qu’il soit question des Afro-Américains qui se rendent sur l’île de Gorée (Ebron 1999) ou visitent le fort d’Elmina au Ghana (Bruner 1996), des touristes de mémoire en Écosse (Basu 2001, 2007) ou des descendants de marranes qui visitent le Portugal (Leite 2005), tous décrivent leur expérience comme celle d’un « retour », non pas seulement au sens du déplacement sur les lieux de provenance de leurs lointains ancêtres, mais aussi comme suscitant des sensations de « déjà-vu » (Basu 2001 : 340). En ce sens, même s’il s’effectue en un endroit découvert pour la première fois, le retour peut également être vécu et pensé comme relevant de « retrouvailles ». Ainsi Laure Mouchard montre-t-elle comment l’ouvrage relatant le voyage vers l’Inde entrepris en 1969 par un Tsigane anglais, Clifford Lee, qui vise à vérifier la thèse de l’origine indienne des Tsiganes, met en évidence la démarche indicielle déployée par les voyageurs et l’accent porté sur la recherche des ressemblances, et leur reconnaissance.

Ces voyages peuvent donc donner lieu à des resurgissements mémoriels. Chris Rojek et John Urry (1997), traitant du tourisme sur des sites patrimoniaux, relèvent que la « réminiscence » y est une pratique majeure, sans détailler toutefois ce qu’ils entendent exactement par là. La réminiscence est une tentative pour se remettre en mémoire quelque chose qui s’en est échappé. Elle procède du connu à l’inconnu, et est en cela une véritable recherche, une « inquisition », selon Aristote (Cantin 1955 : 94, 98). Les retrouvailles au cours des voyages retour sont, semble-t-il, particulièrement propices à cette démarche. Les rencontres qui surviennent au cours du voyage, désirées ou non, sont de plusieurs types (des inconnus, des parents, des lieux, des sensations, etc.), et sont aussi incontournables que génératrices de malentendus. Cependant, plutôt que de les penser comme des obstacles à la quête des voyageurs, il convient de les appréhender en tant qu’éléments permettant la réalisation de la quête et, le cas échéant, participant à la prise de conscience d’une distance ou d’une frontière (Trémon 2016). Ainsi, si le voyage se donne pour but de « revenir » chez soi, et peut effectivement générer le sentiment de retrouver son passé, par reconnexion avec ses ascendants ou leurs représentants locaux [6], il peut aussi faire surgir celui d’être devenu étranger, ou celui d’une « étrangeté chez soi ». C’est une telle tension entre familiarité et étrangeté que Valerio Simoni explore dans son article consacré aux voyages retour de Cubains contraints de (re)négocier leur « cubanité ».

Constance De Gourcy (2010) introduit une distinction entre deux régimes de connaissance qui entrent en compte dans le rapport aux lieux de l’origine : la connaissance familière et la connaissance compétente. La connaissance familière d’un lieu est possible sans n’y avoir jamais été, en raison des souvenirs et des savoirs dont il fait l’objet, transmis au fil des générations. Le familier ne renvoie pas nécessairement à une connaissance compétente du lieu en question. Revenir, « se retourner sur les traces d’un passé, d’un espace transmis mais non encore vécu, donne ainsi la possibilité de transmuer la connaissance familière en connaissance compétente » (2010 : 351). Cette distinction fournit un point de départ utile, car elle ouvre sur la question de savoir si cette transmutation s’opère sans encombres et si l’acquisition d’une connaissance compétente ne peut pas parfois remettre en question le caractère familier de la connaissance initiale du lieu. C’est en effet tout un « art du revenir » que constituent les voyageurs, par tâtonnement – et parfois par impairs –, négociation de leur juste place et de l’image qu’ils renvoient d’eux-mêmes et que leur renvoient les gens rencontrés. Le retour est alors bel et bien une « épreuve ». La rencontre avec le lieu imaginé à distance, ou dont un souvenir a été entretenu depuis le départ, est constitutive d’un nouveau rapport à cet endroit et ses habitants, parfois heureux, parfois contrarié.

Les voyages retour relèvent d’une quête avant tout individuelle même si elle est souvent effectuée en groupe, principalement pour des raisons pratiques. En provoquant et en cherchant des situations de retrouvailles, il s’agit de vivre une expérience transformatrice (Frey 2004, Graburn 1983, 1989, MacCannell 1976). Marie-Blanche Fourcade souligne qu’ils peuvent prendre la forme de « séjours d’immersion », dont la longue durée permet de se familiariser avec le quotidien, ou encore de « voyages-projets », destinés à participer à un événement ou une activité particulière (2010 : 6). S’ils sont parfois engagés dans des pratiques touristiques de loisir, les voyageurs tendent surtout à établir une relation personnalisée avec les espaces visités et les personnes rencontrées (Picard 2013). Les « retours » reviennent aussi, pour les voyageurs, à s’écarter des routes déjà tracées pour dessiner leurs propres pistes. Ainsi que le montre Véronique Moulinié, le caractère individuel de l’expérience du retour peut toutefois être laissé de côté au profit du collectif, dès lors qu’il s’agit de revendiquer, par la visite de lieux de mémoire, la continuité d’une affiliation politique – en l’occurrence, à la Seconde République espagnole.

L’intention première des contributions rassemblées dans ce dossier est de considérer ces voyages retour comme sous-tendus par une démarche de recherche. Qu’il s’agisse de personnes revenant sur leurs pas ou, au contraire, dessinant leurs premières empreintes sur des lieux jusqu’alors connus tout au plus par des récits transmis au sein de la famille ou d’une communauté, ou parfois totalement inconnus, car tus ou passés sous silence, les pratiques de quête constituent leur dénominateur commun. Les textes examinent les manières dont les voyages retour sont façonnés par les attentes initiales, par le projet individuel ou collectif de quête, ainsi que par les modalités de voyages par lesquelles les voyageurs cherchent à répondre à ces attentes.

La centralité de la quête, raison d’être de ces voyages, tient à trois éléments qui constituent les axes de réflexion qu’adoptent les articles du dossier : premièrement, intrinsèque au projet de « retour », la quête est mise en récit, et les narrations du voyage sont des narrations de soi ; deuxièmement, elle est ce qui leur donne forme, ce qui modèle le déroulement du voyage, ses séquences temporelles et son déploiement dans l’espace ; et enfin, troisièmement, elle est une mise à l’épreuve de l’appartenance, où se joue une tension entre familiarité et étrangeté.

Les récits du retour

Les voyages ici explorés sont envisagés comme des « retours » à divers titres. Ce cadrage de l’expérience du voyage comme un « retour » opère variablement au regard des différents liens des voyageurs avec l’endroit « (re)visité ». Laure Mouchard, Silvia Wojczewski et Valerio Simoni prêtent une attention particulière aux façons dont les retours sont narrés ainsi qu’aux documents – anecdotes, films, journaux de bord, reportages et comptes-rendus écrits ou oraux – par lesquels s’opère une mise en récit pour soi, pour son entourage, voire pour un public plus large. Sans doute ne s’agit-il pas uniquement d’un passé à retrouver, mais également de mémoires actuelles à fonder pour le présent. Marie-Blanche Fourcade a noté la manière dont ces voyages présentent « un cheminement commun ponctué de séquences récurrentes » (2010 : 6). Les contributions à ce dossier poussent plus loin cette piste de réflexion en l’élargissant à l’ensemble des rencontres effectuées par les voyageurs (avec des objets, des sites, des personnes, voire des sensations). Les récits « dramatisent » (Simoni) les expériences vécues au cours du voyage, épousant une structure narrative qui, en retenant des épisodes particulièrement chargés d’émotions, évoque des moments révélateurs de la recherche des lieux de l’origine, des révélations ou des déceptions qui sont autant de jalons dans le cheminement existentiel.

Retour et quête expérientielle

Plusieurs des articles présents dans ce dossier abordent les pratiques mémorielles de personnes retournant sur leurs propres terres d’origine ou celles de leurs ascendants et qui, par un jeu de pistes, cherchent à se situer dans leur passé familial (Trémon, Wojczewski). Ils prêtent également davantage d’attention aux manières dont « retour » et quête sont liés et se confondent. Dans de nombreux cas, les voyageurs procèdent en effet selon un paradigme indiciaire (Ginzburg 1980), cherchant à partir de traces, d’indices ou de pistes parfois ténues, des éléments participant au raffermissement du lien avec ces lieux considérés comme ceux des origines (Mouchard). Ils peuvent être glanés au cours d’une enquête qui débute souvent avant le voyage, et dont celui-ci peut constituer le prolongement. Ils sont trouvés dans les archives (familiales ou institutionnelles) ou recueillis auprès de ceux qui ont connu les lieux du départ, sans en avoir toujours perpétué le souvenir. Ou encore, une fois sur place, auprès de ceux qui habitent les lieux. Les voyages eux-mêmes ont parfois pour but de réunir ou de compléter un savoir généalogique (Louie 2000, Legrand 2002). Pour saisir le caractère souvent fragmentaire et fuyant de ces éléments, les textes réunis dans ce dossier abordent ces « retours » dans leur déroulement, à divers moments et sous différentes facettes, à partir de descriptions ethnographiques. Celles-ci retracent les cheminements qui débouchent sur la découverte dans le cours du voyage, ainsi que la manière dont la recherche forge l’expérience du voyage lui-même. Les déplacements des voyageurs pourraient alors s’apparenter à ce que Tim Ingold met en évidence à travers la notion de wayfinding – recherche incorporée de points de repère formés par des itinéraires passés, mouvement exploratoire à la fois « improvisé et assuré », au cours duquel le savoir se constitue en cours de route (2011 : 239). À ceci près que cette manière de procéder est le fait de personnes qui ne sont pas nécessairement déjà familières de l’endroit visité (Trémon [7]).

Les épreuves du retour

Les contributions interrogent la manière dont les voyageurs vivent le déplacement comme un « retour », envisageant ainsi le voyage dans sa dimension expérientielle (Cohen 1979, Aziz 1987, Holmes-Rodman 2004). Comment l’appréhender alors même qu’il s’agit parfois de « revenir » sur des lieux jamais visités auparavant ? Sont restituées les expériences des voyageurs confrontés à ce qui relevait jusqu’alors d’un souvenir ou d’un « imaginé ». Les contributions examinent comment les séjours les mettent à l’épreuve face à une réalité parfois inattendue. Il peut effectivement se produire des effets de décalage entre les « origines » rêvées atemporelles, mythiques, anhistoriques, et le lieu rencontré, bien réel, ainsi que l’expérience concrète qui en est faite (Gmelch 1980, Oxfeld et Long 2004, Stefansson 2004, King et Christou 2011). Le retour peut être une expérience traumatisante si le chez-soi rêvé n’existe plus, a été détruit ou spolié. Quelles sont alors les « conditions de félicité » (Goffman 1986) du retour ? La confrontation aux lieux – retrouvés ou recréés – des origines peut créer des tensions latentes ou tangibles. Celles-ci peuvent être attendues et intégrées par les voyageurs à l’expérience même du voyage retour comme revendication d’une affiliation politique (Moulinié). Elles peuvent conduire à une négociation de positions médianes, entre familiarité et étrangeté (Simoni, Mulet). Dans tous les cas, c’est peut-être le fait même d’agir en « étrangers familiers » qui constitue la singularité des « retours » (Trémon).

add_to_photos Notes

[1Ce dossier n’aborde pas la question des « migrations retour » (Gmelch 1980, 2004, Oxfeld et Long 2004, Stefansson 2004 ; Tsuda 2009, Biao et. al. 2013, De Bree et. al. 2010, Wessendorf 2007).

[2Le lien entre ces deux types de mobilité retour, provisoire et définitif, est cependant ténu (voir King et Christou 2011 : 458-459).

[3Voir par exemple le numéro 19 (1) de la revue Annals of Tourism Research (Smith 1992) ainsi que le numéro spécial 29 (1), intitulé « Tourisme des racines », de la revue Téoros, et notamment l’introduction de Marie-Blanche Fourcade (2010).

[4Toutes les citations ont été traduites par les auteurs de l’introduction.

[5Voir Sharpley et Stone (2009).

[6Naomi Leite (2005) a ainsi par exemple relevé la fréquence, dans les témoignages de voyageurs, d’un phénomène de fusion temporelle par lequel les voyageurs disent avoir éprouvé une identification avec des ancêtres lointains.

[7Tim Ingold distingue la notion de wayfinding, que nous pourrions traduire par « cheminement », propre aux habitants d’une région, de navigating, « navigation », le déplacement dans l’espace au moyen de cartes, qui serait caractéristique des étrangers à une région.

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Pour citer cet article :

Michaël Busset, Anne-Christine Trémon, 2019. « Narrations, quêtes expérientielles et épreuves du retour ». ethnographiques.org, Numéro 37 - 2019
Revenir. Quêtes, enquêtes et retrouvailles [en ligne].
(https://www.ethnographiques.org/2019/Busset_Tremon - consulté le 15.10.2019)