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Pour citer cet article :

Raffaele Poli, 2003. « Football, imaginaire et jeux identitaires à Abidjan ». ethnographiques.org, Numéro 3 - avril 2003 [en ligne].
(http://www.ethnographiques.org/2003/ Poli - consulté le 23.08.2014)
 

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Raffaele Poli

Football, imaginaire et jeux identitaires à Abidjan

Résumé

L'article se focalise sur la dimension imaginaire de la pratique du football dans les milieux populaires d'Abidjan et souligne son importance au niveau onirique à travers l'analyse des appellations choisies pour nommer les centres de formation de la commune de Yopougon. Six catégories d'identification prépondérantes (« professionnelle », « idéalisée », « géographique », « à la jeunesse », « à la nature », « au leader ») sont mises en évidence et analysées en fonction des valeurs qu'elles véhiculent, qui vont de la modernité à l'enracinement, des besoins qu'elles expriment, qui varient de l'intégration à la réussite, et des influences qu'elles subissent, tant par « le dedans » que par « le dehors ».

Abstract

The article focuses on the imaginary dimension of playing soccer in Abidjan's popular neighborhood and underlines its importance at the oneiric level for the youth by the analysis of the names given to soccer Academies in the municipality of Yopougon. Six main categories of identification (“professional”, “idealized”, “geographical”, “to youth”, “to nature”, “to the leader”) have been highlighted and analyzed according to the values attached to them, going from modernity to rootedness, to the needs that they express, varying from integration to success, and to the influences exerting on them, from “the outside” as well as from “the inside”.

Pour citer cet article :

Raffaele Poli. Football, imaginaire et jeux identitaires à Abidjan, ethnographiques.org, Numéro 3 - avril 2003 [en ligne]. http://www.ethnographiques.org/../2003/Poli (consulté le 15/04/2003).

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Illustration 1
Yopougon dans la ville d’Abidjan (Poli, 2003)

Yopougon est une vaste commune populaire située à la périphérie occidentale de la ville d’Abidjan. Selon les estimations de la mairie locale, sa population est d’environ un million d’habitants (cf. illustration 1). A travers l’étude des appellations des centres de formation de football situés à Yopougon, l’objectif est de déceler le substrat imaginaire des jeunes Abidjanais adhérant à ces structures. L’étude s’inscrit dans les champs de la culture populaire qui, d’après Didier Gondola (1999 : 13), constituent les nouvelles frontières de la recherche dans les études africaines.

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Illustration 2
Terrain de « maracana » « Parcs des Princes » à Yopougon (R.Poli)

En se promenant à l’intérieur des îlots résidentiels de Yopougon, il est fréquent de voir des rues, des parkings, des « espaces verts » [1] ou encore des cours d’école temporairement occupés pour la pratique du « maracana », une sorte de football en miniature qui se joue avec des « petits poteaux » lorsque l’espace à disposition est très réduit ou avec des « grands poteaux » lorsque le quartier dispose d’une surface de jeu plus vaste (cf. illustration 2).
Une situation similaire a été observée par Michel Agier (1999 : 101) dans les quartiers populaires, noirs et métis de Salvador de Bahia. Comme à Abidjan, la plupart des espaces libres et du temps libre à disposition des jeunes hommes sont utilisés pour jouer au football.
En Amérique du Sud comme en Afrique, l’engouement populaire pour le football et ses variantes [2] est énorme. Dans ces deux continents, les jeunes, selon Agier (1999 : 103-104), à travers l’exemple de certains joueurs aux carrières fulgurantes, rêvent de « passer de la pauvreté urbaine et de la métaphore du match joué dans la rue, à la réalité de la vie dans les plus grands clubs d’Europe, parmi la jet society et aux côtés des top models ! »
Comme l’a souligné Jean-Pierre Augustin (1995 : 299), la diffusion des sports modernes en Afrique ne peut se comprendre qu’en tenant compte des mécanismes complexes à l’œuvre dans l’imaginaire africain. De nos jours, le football pour les jeunes de Yopougon remplit un rôle de première importance en tant que possible tremplin vers l’Europe imaginée comme un continent où la vie est facile. Cependant, avant d’atteindre l’objectif migratoire prépondérant parmi les jeunes gens, par la mise en scène de soi à travers le football et le « maracana », en reprenant les mots de Gondola (1999 : 14), « les jeunes bâtissent dans l’ordre onirique ce que l’Afrique économique et politique n’a pas réussi à leur offrir ».

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Illustration 3
ASEC Mimosas-Al Ahly du Caïre en Ligue des Champions 2001 (R.Poli)

Pour permettre aux jeunes abidjanais d’entretenir leur rêve, mais aussi dans l’espoir plus ou moins secret de devenir riche en entraînant le nouveau Basile Boli [3] de Côte d’Ivoire, de nombreux passionnés depuis une dizaine d’années ont institué des centres de formation de football. Dans la seule commune de Yopougon, on en dénombrait en 2001 plus d’une cinquantaine qui avaient des activités régulières tout au long de l’année.
Le phénomène des centres de formation de football en Côte d’Ivoire a pris une importance que nul ne peut ignorer à partir du 7 février 1999, quand les jeunes footballeurs issus de l’Académie Mimos Sifcom [4] liée au club de l’ASEC (Association Sportive des Employés de Commerce) Mimosas, tous âgés de moins de 18 ans, ont remporté à la surprise générale la Supercoupe d’Afrique en battant l’Espérance de Tunis. Jeune Afrique n’avait pas manqué l’événement et titrait « Le triomphe des enfants » [5] (cf. illustration 3)

Ce succès a suscité un véritable phénomène de mode et a poussé tout un chacun à créer sa propre structure de formation. Le mythe de la jeunesse qui gagne à travers le football a ainsi traversé toutes les couches sociales et a marqué fortement les classes plus populaires, auxquelles il ne reste souvent plus grand chose pour « aspirer à un avenir meilleur ». Au lieu de laisser les enfants jouer librement dans les rues, les responsables des centres des formation créés de toute pièce les ont, selon leurs propres dires, « récupérés pour les former comme des vrais footballeurs ».
Généralement, ces structures sont organisées autour de jeunes formateurs, n’ayant le plus souvent pas d’emploi fixe, qui font appel à des « présidents » ayant des sources de revenu stables pour financer une partie des activités, le reste étant demandé aux jeunes joueurs en guise de contribution à leur formation [6].
Dans la brochure de présentation de la Fédération des Centre de Formation de Football de Yopougon (FCFFY), structure créée en 1999, le secrétaire général Coulibaly Bakary écrit que : « des jeunes volontaires amoureux du football mais démunis et indigents depuis un certain temps regroupent et encadrent les enfants dans la pratique du football. Le travail se fait bénévolement et assidûment avec l’aide et la bonne volonté des enfants eux-mêmes. (...) Cette approche doit se faire et se traduire essentiellement en terme de projet générateur de talents naissants, afin que ceux-ci prennent conscience et leur destin en main, afin de s’autosuffire pour éviter les vices mondains dont ils sont tout le temps exposés, par exemple drogue, alcool, vol, brigandage, délinquance, débauche et la rue ».

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Illustration 4
Stand Chocodi, entreprise de cacao qui a sponsorisé le tournoi organisé par la FCFFY en 2001 au terrain St.-André de Yopougon (R.Poli)
 

C’est dans un contexte de crise économique et sociale qu’il faut analyser l’émergence des centres de formation de football à Abidjan. Selon Alain Marie (1995 : 415), en Afrique, la crise économique s’est traduite par une crise de l’intégration clientéliste socio-politique et par une crise de la solidarité communautaire. De cette façon, des processus de marginalisation et d’exclusion a grande échelle ont eu lieu, en frappant d’abord les derniers arrivés sur le marché des demandeurs d’emploi.
Les jeunes déscolarisés, les jeunes sans formation et les immigrés de fraîche date ont été ainsi de plus en plus nombreux à être condamnés aux activités précaires de la rue, puis à basculer dans un grand banditisme pratiquement inconnu jusqu’alors. C’est parmi ces jeunes là que les centres de formation de Yopougon recrutent un nombre important de jeunes joueurs.
Afin de rendre compte des jeux et des enjeux identitaires sous-jacents au phénomène social du football dans les centres de formation de Yopougon, un lien théorique a été établi entre les appellations données aux structures, les identifications qu’elles reflètent, les valeurs qu’elles véhiculent, les besoins qu’elles expriment et les influences qu’elles subissent.
La démarche appliquée part des appellations choisies pour nommer les centres de formation, considérées comme révélateurs des identifications en jeu dans le football, au niveau des responsables et des adhérents, qui mettent en scène des valeurs reconnues par la société abidjanaise contemporaine. A la lumière des identifications et des valeurs mises en avant, les besoins exprimés par l’émergence de ces structures de formation seront étudiés. En dernier lieu, il s’agira de comprendre les facteurs influençant ces besoins.
Pour chacun des quatre prochains chapitres, une question de recherche a été posée, à savoir, respectivement : à quels référents les centres de formation s’identifient-ils ? Quelles valeurs véhiculent-ils ? Quels besoins expriment-ils ? Quelles influences subissent-ils ? Pour répondre à ces questions, trente-cinq entretiens, visant à comprendre les motivations poussant les responsables des centres de formation, ont été effectués.

L’étude onomastique des centres de formation de football de Yopougon constitue le point de départ de l’argumentation théorique développée dans le présent article. Cette démarche, inspirée par l’affirmation de Claude Lévi-Strauss (1962 : 218), « nommer, c’est classer », a déjà été adoptée avec succès dans l’étude du football africain.
Par exemple, Elias Mbengalack (1995 : 287) a étudié l’onomastique des stades du continent noir pour montrer l’emprise des chefs d’Etat qui, en donnant leur nom aux infrastructures, « visent à l’appropriation symbolique du plus grand lieu de meeting populaire ».
De même, Alioune Mbaye (1998 : 143), s’est appuyé sur les appellations des associations sportives au Sénégal pour signaler le changement à l’œuvre dans le rapport des pays africains avec les anciens colons. Selon lui, pour désigner leurs associations, pendant la période coloniale et post-coloniale, les jeunes utilisaient généralement les noms des clubs de football européens et brésiliens : Juventus, Nîmes, Reims, Strasbourg, Santos, Hongrie étaient les plus courants. Aujourd’hui, par contre, le rejet de la culture coloniale et de la domination de l’ « Occident » s’observent dans les nouveaux choix de rebaptiser les associations sportives et culturelles, qui prennent plus souvent des noms à consonance nationale, traditionnelle et territoriale, noms de lieu et noms symboliques.
Jean-Pierre Augustin (1995 : 313) estime également que l’étude du sens des appellations des équipes ou des clubs africains offre un thème de réflexion intéressant et il indique que les noms renvoient souvent à des animaux caractérisés par leur force naturelle ou leur férocité.
Qu’en est-il donc pour la Côte d’Ivoire ? Parmi les centres de formation avec lesquels des entretiens ont été menés, différents référents identitaires ont été choisis. Ils ont été regroupés à des fins analytiques dans six grandes catégories qui donnent leur nom aux prochains chapitres.

En premier lieu, les centres, par leurs appellations, aiment se référer au passage qui a transformé ses adhérents de simples groupes de jeunes passionnées de football et de « maracana » en véritables apprentis footballeurs. Les noms Centre de Détection et d’Initiation au Football (CDIF), Ecole de Football de Yopougon (EFY), Association Ecole de Formation Yopougon (AEFY) ou Centre de Formation Sportive (CFS) témoignent de cette volonté d’institutionnalisation et de professionnalisation des responsables, qui érigent ainsi leurs structures « informelles » en écoles de football ou en centres de formation.
Deux autres exemples reflètent particulièrement bien cette volonté. Les responsables de l’Etoile Scientifique Football Abidjan (ESFA) affirment avoir choisi ce nom parce que « nous estimons que nous sommes des formateurs et la formation a quelque chose de scientifique, nous voulons apporter un plus au football africain ». De même, les deux fondateurs des Maîtres de Ballon Rond (MABARO) Formation Expérimentale (FOREX) Détection Initiation Perfectionnement Orientation (DIPO) expliquent leur longue appellation par « l’importance de l’expérience pour devenir maître de football. Notre travail se déroule sur le long terme à l’aide de centaines de fiches de séances d’entraînement ». Ces propos renvoient parfaitement au caractère « professionnel » du travail accompli. Les appellations choisies reflètent donc la construction d’une identité professionnelle dans et par le football.

De nombreux centres ont opté pour des noms faisant référence à l’univers ou à des phénomènes célestes. Nous trouvons ainsi les centres de formation Lumière, Galaxie ou encore Anges Blancs. Trois autres exemples méritent une attention particulière.
Le président du centre de Galaxie Jeunesse Côte d’Ivoire explique l’appellation par le fait que « la galaxie c’est le rêve qui se réalise, c’est un espace lumineux qui prend corps, c’est une source de motivation pour les enfants qui désirent aller toujours plus en haut ».
Le fondateur du Leventis affirme avoir choisi le nom en référence « au nouveau vent suscité par le centre dans le quartier, c’était un envol pour la jeunesse ».
Le président d’Anges Crystal justifie l’appellation parce que « moi-même je suis chrétien et le cristal est une pierre qui brille comme l’esprit de Dieu, c’est une créature qui s’accorde avec l’environnement céleste, elle symbolise l’esprit de créativité que possèdent les jeunes joueurs ».
Des appellations de cette catégorie ont été recensées aussi par A. Mbaye (1998 : 143) au Sénégal (Le Réveil, Espoir, la Renaissance, Soleil Levant) qui les a classées comme « des noms exprimant une note d’espérance ». C’est donc l’Afrique qui souffre et la jeunesse urbaine qui aspire à un avenir meilleur qui se mettent en scène à travers ce type de choix onomastique. L’identité mise en avant peut être définie comme idéalisée.

Les appellations se référant à la jeunesse sont également courantes. Nous trouvons, en plus de Galaxie Jeunesse Côte d’Ivoire, la Jeunesse Football Club (JFC), la Jeunesse Fédération de Football Abidjan (JFFA), le Centre de Regroupement des Jeunes Footballeurs (CRJF) de Niangon ou encore l’Etiada, nom qui signifie garçon en langue Agni.
Le référent à la jeunesse n’a pas eu besoin d’être explicité par les responsables, mais son importance est évidente. En effet, tous les centres de formation véhiculent une identité jeune qui se définit par la volonté d’aller de l’avant en faisant fi des difficultés quotidiennes par un dynamisme à toute épreuve.
De plus, c’est la classe d’âge de la jeunesse qui regroupe les membres au sein des structures et, à l’intérieur de celles-ci, au sein des différentes catégories que sont les juniors, les cadets, les minimes, les poussins et les benjamins.

Les appellations qui trouvent leur source dans la nature sont aussi nombreuses. A Yopougon, dans cette catégorie, il existe les centres Iroko, Bana (baobab en langue malinké), Dragon et Oryx.
Le référent animal, dans le cas de Dragon, comme suggéré par J.-P. Augustin, a été choisi pour sa force naturelle et sa férocité. Par contre, dans le cas d’Oryx, le choix se justifie plus par des critères de sveltesse et d’élégance que de force et de puissance. En outre, l’appellation renvoie au club camerounais de l’Oryx de Douala, le premier à avoir remporté la Coupe d’Afrique des clubs champions en 1965.
En ce qui concerne le référent à l’arbre, dans le cas d’Iroko, il a été choisi parce que c’est « un arbre qui sort du néant mais qui est dur et qui va résister ». L’arbre devient ainsi la métaphore de la vie espérée du centre. Dans le cas de Bana, l’appellation se justifie parce que « chez les Malinké cet arbre a un pouvoir mystique, la majorité des problèmes se règlent là-dessous ».
En appelant le centre du nom de l’arbre, en langue autochtone de surcroît, les responsables espèrent protéger le nouveau-né des adversités de la vie. A. Mbaye (1998 : 147) porte un éclairage sur le rôle de l’arbre dans l’imaginaire africain à travers l’exemple du wolof. Dans cette langue, le mot arbre est traduit par « garab », qui signifie aussi médicament et thérapie. Dans l’imaginaire des sénégalais, les arbres renvoient donc à des qualités d’invincibilité et de résistance auxquelles se réfèrent les dénominations des associations sportives et culturelles.
Les identifications aux animaux ou aux arbres, lorsqu’elles ne sont pas directement liées aux appellations, servent souvent pour désigner les surnoms des équipes. L’Africa Sports National par exemple, le deuxième club le plus titré de Côte d’Ivoire, s’identifie à l’aigle qui, selon le rédacteur en chef du journal du club « L’Aiglon », « est un oiseau de proie qui symbolise la force ». En effet, l’Africa se définit comme un club conquérant et combatif, d’où son slogan « Africa, le sang sur le gazon » et le surnom « Oyé », la puissance.
Le recours aux référents animaux ou végétaux est donc fréquent et véhicule une identité qui plonge ses racines dans l’Afrique animiste encore bien présente et actuelle dans tous les milieux géographiques et sociaux.

Les référents identitaires de type géographique sont très répandus. Sur les trente-cinq appellations prises en compte, douze font référence à un lieu. Il existe ici cinq niveaux de référence : le pays (Côte d’Ivoire), la ville (Abidjan), la commune (Yopougon), le quartier (Andokoi, Banco 2, Niangon) et le village (Setis).
Même si les centres ne s’organisent le plus souvent qu’à l’échelle du quartier où ils s’entraînent et où ils recrutent le plus grand nombre des joueurs, la référence à la ville et à la commune sont les plus utilisées.
En effet, les responsables ne veulent souvent pas se restreindre à une identité de quartier, qui est déjà mise en avant par les équipes organisées pour les tournois estivaux ou les associations de jeunes. Ces équipes et associations vont jusqu’à donner les noms choisis, que les « vieux » connaissent sans pour autant toujours les cautionner, aux quartiers ou aux sous-quartiers qu’ils habitent (Panthère Noire, Garçons Dynamiques, Juventus, Le Calcio, Gabon, Soweto, Brésil, Hippie Zoulou, Monaco, Jamaïque, Bordeaux, Santa Maria, ...).
Les centres de formation, au contraire, en choisissant d’allier à leur appellation le référent de la ville ou de la commune, désirent marquer une identité géographique plus large qui répond mieux aux objectifs qu’ils se sont fixés. Le CRJF de Niangon constitue la seule exception à cet égard, le fondateur déclarant que son objectif est de « faire comme Marseille pour que Niangon vive au rythme de l’équipe ».
Du fait de l’hétérogénéité de l’origine des joueurs et des dirigeants enfin, la référence au village, bien que toujours très importante dans les schémas de pensée des Abidjanais, notamment en matière de sorcellerie, est dans ce cas très marginale.

La dernière catégorie d’appellations est celle qui se réfère à la personne fondatrice, comme par exemple le Bora FC de Bora Lassina, Ecole de Football Cooper d’Anzan Innocent dit « Cooper » ou le Zalasma de Zakpa Lassina Marcelin.
Ces choix reflètent le culte de la personne présente dans la société abidjanaise, où le plus riche se doit de donner aux plus pauvres en échange d’une grande reconnaissance sociale. Cette règle sociale peut aussi être manipulée. Par exemple, le centre de formation Académie Zinsou, a choisi son nom en espérant recevoir de l’aide de la part de Simplice Zinsou, PDG d’une grande société et ancien président de l’Africa Sports National.
De même, le fondateur du centre Aimé Césaire a opté pour cette appellation non pas en se référant au célèbre chantre de la négritude mais au collège où il travaille en tant que conseiller pédagogique pour que « les responsables se sentent concernés, mais ça a été un fiasco total, le message n’a pas passé, ils n’ont pas compris l’importance du sport au sein de l’école ».
Par contre, à en juger l’importance et le niveau du championnat corporatif, où beaucoup d’anciennes stars du football national se recyclent en fin de carrière, les entreprises ont compris l’importance du sport pour la promotion de leur image. En suivant cet exemple, l’école d’informatique Micro Plus et la société de gardiennage Ranger’s ont créé des centres de formation auxquels ils ont donné leurs noms.
Deux derniers exemples sortent des catégories analysées. Le premier est celui de Dallas, un centre dont l’appellation a été choisie en référence au feuilleton télévisé en vogue il y a quelque temps dans le pays. C’est le même phénomène observé par Michel Agier (1999 : 105) à Salvador de Bahia, où l’équipe de son ami King s’appelait Dancing Days comme un feuilleton télévisé à succès diffusé une dizaine d’années auparavant.
Enfin, dans le cas de l’Académie Variété, le nom a été choisi pour symboliser « la variété de joueurs, de tendances et d’origines » présente au sein du groupe. Le choix ne peut se comprendre qu’en faisant référence au contexte politique en Côte d’Ivoire, pays où différents groupes s’affrontent pour la conquête du pouvoir, ce qui a amené à un clivage important entre les « Dioula » du Nord, les « Akan » du Sud-Est et les « Krou » du Sud-Ouest.
Dans ce contexte tendu, les centres de formation cherchent toujours à se montrer ouverts à tous au point qu’aux questions sur leur composition ethnique, la réponse est toujours qu’ « ici, nous ne faisons pas de politique, tout le monde est bien accepté ». Dans ce dernier cas, c’est donc une identité d’ouverture par un éloge de la différence qui est mise en avant.

Du point de vue d’une analyse de valeurs, les choix des appellations et des identifications qui y sont liées ne sont pas anodins. Par exemple, pour la catégorie « professionnelle », c’est une valeur de modernité qui est véhiculée. En effet, la « professionnalisation » à l’œuvre dans les centres de formation trouve son inspiration dans modèle occidental du travail véhiculant une idée de modernité à laquelle nul ne peut échapper dans une métropole comme Abidjan bâtie en suivant ce même concept.
Comme le rappelle Guillemette Gold (2003 : 4), depuis l’indépendance de la Côte d’Ivoire en 1960, Abidjan a toujours voulu se distinguer par sa croyance dans la modernité et le développement. L’architecture de la commune centrale du Plateau, le quartier des affaires truffés de tours gigantesques et transparentes, témoigne de la volonté de cet Etat de signifier son degré d’évolution, en route comme tant d’autres pour le Progrès, la Technologie et le Développement.
C’est à ce même processus de quête de modernité que participent les petits centres de formation ivoiriens en mettant en jeu des identifications de type professionnel en suivant l’exemple des « grands centres de formation européens ».
En ce qui concerne les appellations se référant aux phénomènes célestes et à une identité idéale, la valeur véhiculée semble être celle de l’espoir. En effet, s’appeler Galaxie, Lumière, Anges de Crystal ou Anges Blancs permet de mettre en scène la volonté de surpasser les difficultés de la vie dans le difficile contexte urbain contemporain.
Posséder de l’espoir devient dès lors une qualité nécessaire pour réagir face à la précarité dans laquelle se trouve la plupart des jeunes membres des centres de formation de Yopougon. Véhiculé par les centres de formation, l’espoir devient une sorte de carte de visite pour les jeunes y adhérant, qui acquièrent ainsi les moyens moraux nécessaires dans leur quête d’ascension sociale. Les jeunes participant aux activités des centres de formation passent ainsi souvent d’une attitude négative à une attitude plus positive par rapport à l’avenir, des activités illégales à la pratique footballistique.
Cette fonction « apaisante » du football n’a pas échappé aux instances politiques. Le projet initié par l’Office National des Sports en 1999 pour la construction d’équipements sportifs de proximité s’inscrivait en effet dans le cadre de la lutte contre la violence urbaine.
Les appellations faisant référence à la jeunesse renvoient à des valeurs « jeunes », telle que celle de dynamisme. En effet, revendiquer sa jeunesse, comme l’ont souligné de nombreux membres et jeunes responsables des centres de formation, est une manière de montrer aux plus âgés sa volonté de « faire changer les choses », son refus de les accepter « comme elles viennent », son ambition d’influer sur le cours de la vie.
Parallèlement au dynamisme renvoyant à la volonté de changement, pour les membres et les jeunes responsables des centres de formation, la référence à la jeunesse véhicule également une valeur de solidarité. Les structures se divisent en effet en différentes catégories sportives, qui peuvent être lues comme les classes d’âge de l’Afrique urbaine contemporaine. Les jeunes footballeurs urbains, au lieu d’appartenir à telle ou telle autre génération, font partie des benjamins, des poussins, des minimes, des cadets ou des juniors.
Au-delà de ces différences catégorielles, le dénominateur commun reste celui d’appartenir à la jeunesse footballistique urbaine, de huit ans à vingt ans environ. S’y référer exprime alors une valeur de solidarité et d’esprit de corps.
Dans l’esprit des responsables des centres de formation de Yopougon, les références aux animaux ou aux arbres expriment des valeurs de force (Dragon), de sveltesse (Oryx), de résistance (Iroko) ou de puissance mystique (Bana).
Par le recours à la flore et la faune, les centres véhiculent donc des valeurs en mesure de les protéger durablement face aux adversités qu’ils pourraient rencontrer dans leur chemin. La création de ces centres apparaît dès lors comme une réelle aventure nécessitant l’accord des forces naturelles. La protection ainsi demandée témoigne de l’importance rattachée à l’entreprise par les responsables, dont l’investissement dans le projet est total.
Pour eux aussi, comme le souligne Christian Bromberger (1998 : 144) à propos de l’engagement des supporters de trois clubs européens (Olympique Marseille, Juventus Turin, Naples), le football est devenu la « bagatelle la plus sérieuse au monde ».
Les appellations renvoyant à des lieux géographiques véhiculent des valeurs d’enracinement et d’ouverture, deux notions seulement en apparence antinomiques. La ville d’Abidjan s’est fortement développée à partir des années 1950 et la commune de Yopougon seulement à partir des années 1970.
Le sentiment d’appartenance à la métropole a mis du temps à se construire. C’est seulement depuis quelques décennies seulement que de plus en plus de jeunes naissent dans la capitale économique de la Côte d’Ivoire de parents nés aussi à Abidjan, de sorte que l’attachement traditionnel au village natal des parents ne fait plus sens.
Cette évolution suscite un affaiblissement des liens avec « le village » et un accroissement du sentiment d’appartenance à « la ville ». En donnant aux centres de formation le nom du quartier habité, les responsables affichent plutôt un attachement micro-spatial. Cependant, la référence au quartier reste marginale par rapport à celle à la commune (méso-spatiale) ou à la ville (macro-spatiale), ce qui témoigne qu’en plus d’une valeur d’enracinement, une valeur d’ouverture spatiale est véhiculée. De même, dans le cas de Variété, ce sont des valeurs d’ouverture et de tolérance qui sont mises en avant.
Dans le cas de la référence aux personnes ou aux sociétés fondatrices du centre, la valeur véhiculée est de type individuel et tend à rendre visible l’importance des responsables. Leur mérite n’est pas seulement de type économique (Zalasma, Micro Plus, Ranger’s, ...), mais aussi de type charismatique. Bora et Cooper n’ont en effet pas acquis une position dominante par leur richesse mais plutôt par leur talent footballistique qui les a fait connaître et apprécier par les jeunes du quartier.

Les centres de formation de Yopougon, on l’a dit, recrutent la plus grande partie de leurs joueurs au sein des classes les moins aisées. Face à des situations de marginalisation et d’exclusion sociale, les centres répondent d’abord à des besoins d’intégration. En effet, les jeunes sont souvent « récupérés » par les responsables et trouvent dans leurs structures un complément ou une alternative à l’école.
Cette fonction intégrative peut aussi se lire à travers la référence à la jeunesse, aux lieux géographiques que sont la ville, la commune ou le quartier, et aux éléments naturels comme les arbres.
Le besoin accru d’intégration propre à la jeunesse urbaine africaine contemporaine est expliqué par Alain Marie (1995 : 414-415) par le fait que la crise économique ayant frappé les sociétés urbaines africaines a miné les mécanismes de la « machine à intégrer et à socialiser » sur un mode anti-individualiste et non-violent que constituait l’Afrique avant les années 1980. Jusque-là, du haut en bas de la hiérarchie sociale, des individus de conditions sociales différentes se retrouvaient unis par les canaux de la redistribution clientéliste.
Face aux difficultés économiques ayant fait échouer le système politique en vigueur dans son rôle intégratif, la société civile se doit désormais de prendre le relais dans la construction de la société urbaine actuelle. C’est ce à quoi s’appliquent les centaines de passionnés du football par la création des centres de formation.
D’autre part, tant les responsables que les jeunes joueurs, rêvent de succès et de reconnaissance par la création ou l’adhésion aux centres de formation. Le besoin de rêver est un élément central de l’émergence du phénomène étudié, d’où l’importance donnée à la dimension imaginaire.
Le rêve de réussite et de succès s’exprime le mieux dans les appellations faisant référence à des phénomènes célestes, mais il est aussi implicitement présent dans les noms résultant de l’abréviation de formules se référant au caractère « professionnel » du travail accompli. Le besoin de réussite pousse donc les jeunes Abidjanais à s’investir dans les centres de formation, structures qui leur permettent d’appliquer leur rêve d’un avenir meilleur à une stratégie basée sur le monnayage éventuel de leur talent footballistique.

Les centres de formation de football font partie de la « société globale » et sont donc influencés par ce qui se passe autour d’eux. L’étude des appellations permet de comprendre les influences subies, qui résultent tant de « dynamiques du dedans » que de « dynamiques du dehors » (Balandier, 1971).
L’influence de l’« Occident » est évidente si l’on considère les deux premières catégories analysées, renvoyant aux identités « professionnelles » et « idéales ». Le caractère « professionnel » mis en avant par de nombreux centres est en effet de type « occidental » ; c’est la rationalité de la méthode scientifique qui est prise le plus souvent comme exemple par les formateurs de ces structures.
De même, les rêves exprimés par les appellations faisant référence aux phénomènes célestes participent de la mythification de l’« Occident », considéré comme le lieu où rêves et aspirations pourront se matérialiser un jour, un espace qui apparaît comme le centre de la galaxie, le lieu où la lumière brille.
Cette « occidentalisation » des représentations et des valeurs est souligné par Abdou Touré (1981 : 279) [7], qui décrit l’« Ivoirien-modèle » comme un consommateur insatiable des modèles et des objets occidentaux. Selon les termes de George Balandier, c’est une « dynamique du dehors », imposée par l’Europe par les canaux privilégiés que sont la télévision et les migrations, qui influence dans ces cas l’imaginaire des responsables des centres de formation de football de Yopougon.
Cependant, il serait faux de ne pas considérer les influences qui résultent du fonctionnement interne de la société abidjanaise. En effet, la référence aux animaux et aux arbres s’opère dans une logique autochtone nullement affectée par la colonisation et la globalisation. La référence aux lieux géographiques ignore l’Europe pour se concentrer sur la Côte d’Ivoire (Setis est un village de l’ouest du pays) et sur la ville d’Abidjan.
Aussi, la référence aux clubs de grande renommée ne dépasse pas les frontières africaines. Seuls le National Andokoi et l’Oryx se réfèrent en effet à des grands clubs, le National Al Ahly du Caïre et l’Oryx de Douala. De plus, il existe une relation importante entre l’émergence du phénomène de création de centres de formation et la réussite des jeunes du club ivoirien de l’ASEC Mimosas.
Dans ce contexte, il est aussi à signaler que les centres de formation se sont développés en relation à une situation économique intérieure très précaire. Bref, la « dynamique du dedans » est au moins tout aussi importante que la « dynamique du dehors » dans l’émergence et le développement du phénomène.

La Côte d’Ivoire et Abidjan connaissent depuis la chute des prix du cacao de 1978 une crise économique importante. Ancien moteur économique de l’Afrique occidentale, le pays a connu une dramatique récession ayant abouti à un coup d’Etat militaire en décembre 1999 et aux troubles commencées le mois de septembre 2002.
La jeunesse occupe une place démographique importante dans la pyramide des âges d’un pays de 15 millions d’habitants selon le recensement général de la population de 1998. Le plus souvent, le désir, partagé par les jeunes hommes et les jeunes femmes, est de migrer dans un pays européen pour gagner l’argent qui doit permettre d’enrichir leur famille en Côte d’Ivoire ou, du moins, de la faire vivre un peu plus convenablement.
Parmi les moins nantis, beaucoup espèrent y parvenir à travers la rencontre du ou de la « correspondant(e) » qui viendra les chercher pour les amener vers le Nord. D’autres placent leur espoir dans la beauté de leur corps, comme les nombreuses « artistes de cabaret » gagnant leur envie en satisfaisant la soif d’exotisme et l’envie sexuelle des hommes dans différents pays européens, en Suisse notamment. Pour les jeunes garçons, le football apparaît comme la voie idéale pour couronner leur rêve migratoire.
L’institutionnalisation d’un nombre croissant de centres de formation exacerbe la course à la réussite en faisant miroiter aux jeunes un futur idéalisé. Pleins d’espoir, ils attendent patiemment les « recruteurs blancs » censés les transférer en Europe, là où le succès est au bout du chemin comme le témoignent les nombreuses « stars » africaines brillant de par leurs performances dans les équipes et les championnats européens les plus importants.
Certains responsables des centres, désireux de « vendre » leur produit et de trouver les moyens de l’améliorer, n’hésitent d’ailleurs pas à leur tenir des fausses promesses en leur prédisant à tort un avenir radieux. De plus, leurs prestations ne sont données souvent qu’en échange de cotisations qui grèvent le maigre budget de la famille du jeune, elle-même en quête de richesse à travers le talent du garçon, soumis ainsi à une forte pression de plusieurs bords. De nombreux jeunes abidjanais se trouvent donc à déambuler quotidiennement entre le rêve de réussite à travers le football et une réalité de précarité économique et sociale.
La Fédération Ivoirienne de Football, dans la fiche de présentation du projet « Formation et développement des jeunes 2002 » observe qu’ « il y a une prolifération de centres, d’organisations, d’associations qui prétendent s’occuper de la formation des jeunes, sans en avoir la qualité ni les compétences ». Le problème de l’exploitation de la jeunesse au sein de structures aux objectifs douteux existe, mais, en même temps, il est impossible de nier que les centres de formation, compétents ou non, répondent à une demande et expriment un besoin social.
Ils permettent aux jeunes de donner corps à leurs rêves et constituent un phénomène social de première importance, tout au moins en Côte d’Ivoire, où 81 structures de formation agréées par la Fédération ont participé au championnat national en 2001, le premier disputé après l’interruption intervenue en 1994.
La forte augmentation de ce genre de ces structures, tant au niveau « formel » qu’au niveau « informel », montre d’une part que les jeunes Ivoiriens sont prêts à beaucoup de sacrifices pour se donner les moyens de partir vers l’Europe, espace géographique exerçant toujours une forte violence symbolique. D’autre part, le processus d’institutionnalisation de ces structures indique que dans une société où les institutions étatiques sont en crise et n’arrivent plus à assurer l’intégration de la jeunesse, la société civile trouve des manières novatrices pour les remplacer.

 
 

Notes

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[1] Il s’agit de jardins publics aménagés par les sociétés immobilières à l’intérieur des quartiers issus d’une planification. Dans un premier temps conçus pour le repos des résidents, ces espaces ont été systématiquement transformés en aires de jeu à travers la coupe des arbres et l’enlèvement des bancs.

[2] Sur la créolisation des sports « importés » par les colons se référer à Archetti (1995).

[3] Ancien joueur ivoirien qui a fait fortune avec l’Olympique de Marseille.

[4] Centre de formation créé par le Français Jean-Marc Guilloud à l’aide de l’AS Monaco et de l’entreprise de café-cacao ivoirienne Sifcom.

[5] Jeune Afrique, n° 1990, 2-8.03.2001. pp. 47-48.

[6] Pour bénéficier de la formation, un jeune doit habituellement s’acquitter d’un droit d’inscription variant de 2.000 à 5.000 francs CFA et de cotisations mensuelles ne dépassant généralement pas les 1.000 francs. Cependant, vue la précarité des familles de la plupart de ces jeunes, ces contributions ne sont très souvent pas fournies. Les formateurs ne sont que rarement rémunérés.

[7] Il s’agit d’une étude sociologique de la consommation culturelle de l’élite ivoirienne à travers l’analyse d’articles de presse et de manuels scolaires ivoiriens.

 
 

Bibliographie

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Raffaele Poli
Football, imaginaire et jeux identitaires à Abidjan,
Numéro 3 - avril 2003.